Quelques réflexions
L'éthique fait à la fois appel à notre sensibilité (notre coeur) et à notre raison (intelligence) :
« L’esprit n’a rien à dire quand le cœur peut si bien parler ». « Le cœur est citoyen de tous les pays ». (Montesquieu)
« Le cœur ne reçoit de lois que de lui-même ». « Si c’en était ici le lieu, j’essayerais de montrer comment des premiers mouvements du cœur s’élèvent les premières voix de la conscience, et comment des sentiments d’amour et de haine naissent les premières notions du bien et du mal : je ferais voir que justice et bonté ne sont point seulement des mots abstraits, de purs être moraux formés par l’entendement, mais de véritables affections de l’âme éclairée par la raison, et qui ne sont qu’un progrès ordonné de nos affections primitives; que, par la raison seule, indépendamment de la conscience, on ne peut établir aucune loi naturelle; et que tout le droit de la nature n’est qu’une chimère, s’il n’est fondé sur un besoin naturel au cœur humain ». « Mandeville a bien senti qu’avec toute leur morale les hommes n’eussent jamais été que des monstres, si la Nature ne leur eût donné la pitié à l’appui de la raison : mais il n’a pas vu que de cette seule qualité découlent toutes les vertus sociales qu’il veut disputer aux hommes. En effet, qu’est-ce que la générosité, la clémence, l’humanité, sinon la pitié appliquée aux faibles, aux coupables, ou à l’espèce humaine en général? La bienveillance et l’amitié même sont, à le bien prendre, des productions d’une pitié constante, fixée sur un objet particulier : car désirer que quelqu’un ne souffre point, qu’est-ce autre chose, que désirer qu’il soit heureux? »...« Quand il serait vrai que la commisération ne serait qu’un sentiment qui nous met à la place de celui qui souffre, sentiment obscur et vif dans l’homme sauvage, développé, mais faible dans l’homme civil, qu’importerait cette idée à la vérité de ce que je dis, sinon de lui donner plus de force? En effet, la commisération sera d’autant plus énergique que l’animal spectateur s’identifiera plus intimement avec l’animal souffrant : Or il est évident que cette identification a dû être infiniment plus étroite dans l’état de nature que dans l’état de raisonnement. C’est la raison qui engendre l’amour-propre, et c’est la réflexion qui le fortifie. C’est elle qui replie l’homme sur lui-même; c’est elle qui le sépare de tout ce qui le gêne et l’afflige : c’est la philosophie qui isole; c’est par elle qu’il dit en secret, à l’aspect d’un homme souffrant, péris si tu veux, je suis en sûreté »...« Il est donc bien certain que la pitié est un sentiment naturel… C’est elle, qui nous porte sans réflexion au secours de ceux que nous voyons souffrir : c’est elle qui, dans l’état de nature, tient lieu de lois, de mœurs, et de vertu, avec cet avantage que nul n’est tenté de désobéir à sa douce voix. C’est elle qui détournera tout sauvage robuste d’enlever à un faible enfant, ou à un vieillard infirme, sa subsistance acquise avec peine, si lui-même espère pouvoir trouver la sienne ailleurs. C’est elle qui, au lieu de cette maxime sublime de justice raisonnée : Fais à autrui comme tu veux qu’on te fasse, inspire à tous les hommes cette autre maxime de bonté naturelle bien moins parfaite, mais plus utile peut-être que la précédente. Fais ton bien avec le moindre mal d’autrui qu’il est possible. C’est en un mot dans ce sentiment naturel, plutôt que dans des arguments subtils, qu’il faut chercher la cause de la répugnance que tout homme éprouverait à mal faire, même indépendamment des maximes de l’éducation. Quoiqu’il puisse appartenir à Socrate, et aux esprits de sa trempe, d’acquérir de la vertu par raison, il y a longtemps que le genre-humain ne serait plus, si sa conservation n’eût dépendu que des raisonnements de ceux qui le composent ». « Il est donc au fond des âmes un principe inné de justice et de vertu, sur lequel, malgré nos propres maximes, nous jugeons nos actions et celles d’autrui comme bonnes ou mauvaises, et c’est à ce principe que je donne le nom de conscience ». « Les actes de la conscience ne sont pas des jugements, mais des sentiments. Quoique toutes nos idées nous viennent du dehors, les sentiments qui les apprécient sont au dedans de nous, et c’est par eux seuls que nous connaissons la convenance ou disconvenance qui existe entre nous et les choses que nous devons respecter ou fuir ». « La conscience est le plus éclairé des philosophes ». « Dans toutes les questions de morale difficiles comme celle-ci, je me suis toujours bien trouvé de les résoudre par le dictamen de ma conscience, plutôt que par les lumières de ma raison. Jamais l’instinct moral ne m’a trompé : il a gardé jusqu’ici sa pureté dans mon cœur assez pour que je puisse m’y confier, et s’il se tait quelquefois devant mes passions dans ma conduite, il reprend bien son empire sur elles dans mes souvenirs ». (Jean-Jacques Rousseau)
« Pour moi, la non-violence ne se ramène pas à un simple principe d’ordre philosophique. Elle règle toute ma vie. Elle en est le souffle. Je sais bien que souvent je ne suis pas à la hauteur de cette règle de vie. Si j’échoue, c’est parfois en connaissance de cause, mais plus souvent en toute ignorance. C’est une question de cœur et non d’intelligence. Pour ne jamais s’égarer sur cette voie de la non-violence, il faut constamment s’en remettre à Dieu, être toujours prêt à faire abnégation de soi et avoir la plus grande humilité. Pour pratiquer la non-violence, il faut être intrépide et avoir un courage à toute épreuve ». « C’est dans la pureté du cœur que s’enracine la moralité ».« Je trouve que j’ai l’esprit obtus. Il me faut plus de temps qu’à d’autres pour comprendre certaines choses, mais cela m’est égal. Il y a des limites au développement de l’intelligence d’un homme. Mais il n’y a pas de bornes au développement des qualités du cœur » (Gandhi)
Le Bien :
« Le bien et le mal sont des termes relatifs. Ce qui est bien dans certaines conditions peut devenir un mal ou un péché dans d’autres circonstances ». (Gandhi)
« Oui, je le soutiens : pour sentir les grands biens, il faut qu’il connaisse les petits maux; telle est sa nature. Si le physique va trop bien, le moral se corrompt. L’homme qui ne connaîtrait pas la douleur, ne connaîtrait ni l’attendrissement de l’humanité, ni la douceur de la commissération; son cœur ne serait ému de rien, il ne serait pas sociable, il serait un monstre parmi ses semblables ». (Jean-Jacques Rousseau)
« Les particuliers voient le bien qu’ils rejettent : le public veut le bien qu’il ne voit pas. Tous ont également besoin de guides. Il faut obliger les uns à conformer leurs volontés à leur raison; il faut apprendre à l’autre à connaître ce qu’il veut ». (Jean-Jacques Rousseau)
« Si l’on recherche en quoi consiste précisément le plus grand bien de tous, qui doit être la fin de tout système de législation, on trouvera qu’il se réduit à ces deux objets principaux, la liberté et l’égalité. La liberté, parce que toute dépendance particulière est autant de force ôtée au corps de l’État; l’égalité, parce que la liberté ne peut subsister sans elle »...« Mais si l’abus est inévitable, s’ensuit-il qu’il ne faille pas au moins le régler? C’est précisément parce que la force des choses tend toujours à détruire l’égalité que la force de la législation doit toujours tendre à la maintenir ». (Jean-Jacques Rousseau)
La Bioéthique: (la science a besoin de la morale et vice versa)
« Science sans conscience n’est que ruine de l’âme ».
« Ce qui n'est pas scientifique n'est pas éthique ».
« Je ne suis pas hostile au progrès de la science, en tant que tels. Au contraire, je suis plein d’admiration pour la science occidentale; mais je m’indigne de voir des savants infliger de mauvais traitements aux autres créatures. La vivisection m’inspire une horreur sans nom. J’estime impardonnable ce massacre de vies innocentes, perpétré, soi-disant, au nom de la science et dans l’intérêt de l’humanité. Je dénie toute valeur aux découvertes scientifiques souillées par un sang innocent ». (Gandhi)
« C’est aussi ce qui a conduit à la croyance répandue en une opposition entre science et religion. Ce qui est faux… La science recherche, la religion interprète. La science donne à l’homme une connaissance qui est puissance; la religion donne à l’homme une sagesse qui est contrôle. La science s’occupe surtout des faits; la religion s’occupe surtout des valeurs. Ce ne sont pas deux rivales. Elles sont complémentaires. La science empêche la religion de sombrer dans l’irrationalisme impotent et l’obscurantisme paralysant. La religion retient la science de s’embourber dans le matérialisme suranné et le nihilisme moral »... « Les paroles d’Alfred le Grand restent vraies : « La puissance n’est un bien que si celui qui la possède est bon »». « Notre puissance scientifique a laissé derrière elle notre puissance spirituelle. Nous avons des missiles bien guidés et des hommes mal guidés. Comme l’homme riche d’autrefois (Bible), nous avons follement réduit au minimum ce qui est intérieur dans nos vies et poussé au maximum ce qui est extérieur. Nous avons dissous la vie dans le style de vie. Notre génération ne trouvera pas la paix si nous ne réapprenons pas que « la vie d’un homme ne dépend pas de ses biens, fût-il dans l’abondance » (Luc 12,15), mais bien de ces trésors intérieur de l’esprit « que les voleurs n’approchent point et que la teigne ne détruit pas » (Luc 12,33) ». (Martin Luther King)
Être vrai/authentique/intègre :
« La vérité demeure ensevelie sous les maximes d’une politesse fausse. On appelle savoir-vivre l’art de vivre avec bassesse. On ne met point de différence entre connaître le monde et le tromper; et la cérémonie, qui devrait être entièrement bornée à l’extérieur, se glisse jusque dans les mœurs. On laisse l’ingénuité aux petits esprits, comme une marque de leur imbécillité. La franchise est regardée comme un vice dans l’éducation. On ne demande point que le cœur soit bien placé; il suffit qu’on l’ait fait comme les autres. C’est comme dans les portraits, où l’on n’exige autre chose si ce n’est qu’ils soient ressemblants. On croit, par la douceur de la flatterie, avoir trouvé le moyen de rendre la vie délicieuse. Un homme simple qui n’a que la vérité à dire est regardé comme le perturbateur du plaisir public. On le fuit, parce qu’il ne plaît point; on fuit la vérité qu’il annonce, parce qu’elle est amère; on fuit la sincérité dont il fait profession, parce qu’elle ne porte que des fruits sauvages; on la redoute, parce qu’elle humilie, parce qu’elle révolte l’orgueil, qui est la plus chère des passions, parce qu’elle est un peintre fidèle, qui nous fait voir aussi difformes que nous le sommes. Il ne faut donc pas s’étonner si elle est si rare : elle est chassée, elle est proscrite partout. Chose merveilleuse elle trouve à peine un asile dans le sein de l’amitié. Toujours séduits par la même erreur, nous ne prenons des amis que pour avoir des gens particulièrement destinés à nous plaire : notre estime finit avec leur complaisance; le terme de l’amitié est le terme des agréments. Et quels sont ces agréments? Qu’est-ce qui nous plaît davantage dans nos amis? Ce sont les louanges continuelles, que nous levons sur eux comme des tributs. D’où vient qu’il n’y a plus de véritable amitié parmi les hommes? Que ce nom n’est plus qu’un piège, qu’ils emploient avec bassesse pour se séduire? « C’est, dit un poète, parce qu’il n’y a plus de sincérité » ».« La plupart des gens, séduits par les apparences, se laissent prendre aux appâts trompeurs d’une basse et servile complaisance; ils la prennent pour un signe d’une véritable amitié, et confondent, comme disait Pythagore, le chant des Sirènes avec celui des Muses » (Montesquieu).
« Il est au milieu d’un cercle ce qu’il est seul et sans témoin ». « Ce n’est pas sur les idées d’autrui que j’écris; c’est sur les miennes. Je ne vois point comme les autres hommes; il y a longtemps qu’on me l’a reproché. Mais dépend-il de moi de me donner d’autres yeux, et de m’affecter d’autres idées? Non. Il dépend de moi de ne point abonder dans mon sens, de ne point croire être seul plus sage que tout le monde; il dépend de moi, non de changer de sentiment, mais de me défier du mien : voilà tout ce que je puis faire, et ce que je fais. Que si je prends quelquefois le ton affirmatif, ce n’est point pour en imposer au lecteur; c’est pour lui parler comme je pense. Pourquoi proposerais-je par forme de doute ce dont, quant à moi, je ne doute point? Je dis exactement ce qui se passe dans mon esprit. ». « Pour être quelque chose, pour être soi-même et toujours un, il faut agir comme on parle; il faut être toujours décidé sur le parti que l’on doit prendre, le prendre hautement, et le suivre toujours ». « L’homme du monde est tout entier dans son masque. N’étant presque jamais en lui-même, il y est toujours étranger, et mal à son aise quand il est forcé d’y rentrer. Ce qu’il est n’est rien, ce qu’il paraît est tout pour lui ». « Qu’il sache que l’homme est naturellement bon, qu’il le sente, qu’il juge de son prochain par lui-même; mais, qu’il voie comment la société déprave et pervertit les hommes; qu’il trouve dans leurs préjugés la source de tous leurs vices; qu’il soit porter à estimer chaque individu, mais qu’il méprise la multitude; qu’il voie que tous les hommes portent à peu près le même masque, mais qu’il sache aussi qu’il y a des visages plus beaux que le masque qui les couvre ». « Pour connaître les hommes il faut les voir agir. Dans le monde, on les entend parler; ils montrent leurs discours et cachent leurs actions : mais dans l’histoire elles sont dévoilées, et on les juge sur les faits. Leurs propos même aident à les apprécier; car, comparant ce qu’ils font à ce qu’ils disent, on voit à la fois ce qu’ils sont et ce qu’ils veulent paraître : plus ils se déguisent, mieux on les connaît ». (Jean-Jacques Rousseau)
« Soyons toujours vrai au risque de tout ce qui en peut arriver. La justice elle-même est dans la vérité des choses ». « S’il faut être juste pour autrui, il faut être vrai pour soi, c’est un hommage que l’honnête homme doit rendre à sa propre dignité ». « Eh bien, dans cet état déplorable je ne changerais pas encore d’être et de destinée contre le plus fortuné d’entre eux, et j’aime encore mieux être moi dans toute ma misère que d’être aucun de ces gens-là dans toute leur prospérité ».« De quelque façon que les hommes veuillent me voir, ils ne sauraient changer mon être, et malgré leur puissance et malgré toutes leurs sourdes intrigues, je continuerai, quoi qu’ils fassent, d’être en dépit d’eux ce que je suis ». (Jean-Jacques Rousseau)
« Le rang et le sort de chaque homme établi, non seulement sur la quantité des biens et le pouvoir de servir ou de nuire, mais sur l’esprit, la beauté, la force ou l’adresse, sur le mérite ou les talents, et ces qualités étant les seules qui pouvaient attirer de la considération, il fallut bientôt les avoir ou les affecter. Il fallut pour son avantage se montrer autre que ce qu’on était en effet. Être et paraître devinrent deux choses tout à fait différentes, et de cette distinction sortirent le faste imposant, la ruse trompeuse, et tous les vices qui en sont le cortège. D’un autre côté, de libre et indépendant qu’était auparavant l’homme, le voilà par une multitude de nouveaux besoins assujetti, pour ainsi dire, à toute la Nature, et surtout à ses semblables dont il devient l’esclave en un sens, même en devenant leur maître; riche, il a besoin de leurs services; pauvre, il a besoin de leurs secours, et la médiocrité ne le met point en état de se passer d’eux. Il faut donc qu’il cherche sans cesse à les intéresser à son sort, et à leur faire trouver en effet ou en apparence leur profit à travailler pour le sien : ce qui le rend fourbe et artificieux avec les uns, impérieux et dur avec les autres, et le met dans la nécessité d’abuser tous ceux dont il a besoin, quand il ne peut s’en faire craindre, et qu’il ne trouve pas son intérêt à les servir utilement. Enfin l’ambition dévorante, l’ardeur d’élever sa fortune relative, moins par un véritable besoin que pour se mettre au-dessus des autres, inspire à tous les hommes un noir penchant à se nuire mutuellement, une jalousie secrète d’autant plus dangereuse que, pour faire son coup plus en sûreté, elle prend souvent le masque de la bienveillance; en un mot, concurrence et rivalité d’une part, de l’autre opposition d’intérêt, et toujours le désir caché de faire son profit aux dépends d’autrui. Tous ces maux sont le premier effet de la propriété et le cortège inséparable de l’inégalité naissante » (Jean-Jacques Rousseau)
« La Providence a donné à chaque individu, quel qu’il soit, le degré de raison nécessaire pour qu’il puisse se diriger lui-même dans les choses qui l’intéresse exclusivement. Telle est la grande maxime sur laquelle, aux Etats-Unis, repose la société civile et politique »…« Étendue à l’ensemble de la nation, elle devient le dogme de la souveraineté du peuple » (Alexis de Tocqueville)
« Chez eux (les peuples démocratiques), la faveur publique semble aussi nécessaire que l’air que l’on respire, et c’est, pour ainsi dire, ne pas vivre que d’être en désaccord avec la masse. Celle-ci n’a pas besoin d’employer les lois pour plier ceux qui ne pensent pas comme elle. Il lui suffit de les désapprouver. Le sentiment de leur isolement et de leur impuissance les accable aussitôt et les désespère. Toutes les fois que les conditions sont égales, l’opinion générale pèse d’un poids immense sur l’esprit de chaque individu; elle l’enveloppe, le dirige et l’opprime : cela tient à la constitution même de la société bien plus qu’à ses lois politiques ». « Quand un peuple a un état social démocratique, c’est-à-dire qu’il n’existe plus dans son sein de castes ni de classes, et que tous les citoyens y sont à peu près égaux en lumières et en biens, l’esprit humain chemine en sens contraire. Les hommes se ressemblent, et de plus ils souffrent, en quelque sorte, de ne pas se ressembler. Loin de vouloir conserver ce qui peut encore singulariser chacun d’eux, ils ne demandent qu’à le perdre pour se confondre dans la masse commune, qui seule représente à leurs yeux le droit et la force. L’esprit d’individualité est presque détruit ». « Je promène mes regards sur cette foule innombrable composée d’être pareils, où rien ne s’élève ni ne s’abaisse. Le spectacle de cette uniformité universelle m’attriste et me glace, et je suis tenté de regretter la société qui n’est plus ». (Alexis de Tocqueville)
« Je ne demande à personne de me suivre. Chacun devrait rester à l’écoute de sa petite voix intérieure et agir en conséquence; et, si l’on n’a pas d’oreilles pour écouter, il ne reste plus qu’à faire de son mieux. En aucun cas, il ne faut imiter les autres comme un mouton ». « Toute ma vie, j’ai été habitué à ce que les autres se trompent sur mon compte. C’est le lot de tout homme public. Il lui faut une solide cuirasse : car s’il fallait donner des explications pour le justifier quand on se méprend sur vos intentions, la vie deviendrait insupportable. Je me suis fait une règle de ne jamais intervenir pour rectifier ce genre d’erreur, à moins que ne l’exige la cause que je défends. Ce principe m’a épargné bien du temps et bien des tracas ». « Mais je sais non moins bien qu’il faut faire son devoir sans se soucier de l’opinion des autres. J’ai toujours considéré que chacun devait agir selon sa propre conscience, même si les autres vous donnent tort. L’expérience a confirmé à mes yeux le bien-fondé de ce principe. C’est ce qui fait dire au poète : « le sentier de l’amour passe par l’épreuve du feu; les timorés s’en détournent ». Le sentier de l’ahimsa, c’est-à-dire de l’amour, doit souvent être parcouru en toute solitude ». (Gandhi)
Être non-conformiste :
« Succès, approbation, et conformisme sont les maîtres-mots du monde moderne, où chacun semble implorer la sécurité anesthésiante de l’identification à la majorité »…« En dépit de cette tendance prédominante au conformisme, nous, chrétiens, avons pour mission d’être non conformistes. L’apôtre Paul, qui connaissait les réalités intérieures de la foi chrétienne, a donné ce conseil : « Ne vous conformez pas à ce monde, mais transformez-vous par le renouvellement de votre esprit ». Nous sommes appelés à être des hommes de conviction, non de conformisme; de noblesse morale, non de respectabilité sociale. Nous avons reçu ordre de vivre différemment et selon une fidélité plus haute ». « Nous ne faisons pas l’histoire, nous sommes faits par l’histoire. Longfellow déclare : « En ce monde, un homme doit être ou l’enclume ou le marteau », signifiant par là qu’il doit ou modeler la société ou être modelé par elle. Qui douterait qu’aujourd’hui la plupart des hommes soient enclumes et taillés sur le patron de la majorité? Ou bien, pour prendre une autre image, la plupart des hommes, et des chrétiens en particulier, sont des thermomètres qui indiquent ou enregistrent la température de l’opinion majoritaire, et non des thermostats qui transforment et règlent la température de la société. Beaucoup de gens n’ont pas de peur plus terribles que de prendre une position qui s’écarte nettement et clairement de l’opinion courante. La tendance du grand nombre est d’adopter un point de vue assez ambigu pour tout inclure et assez populaire pour inclure tout le monde ». « Thomas Jefferson a écrit : « J’ai juré sur l’autel de Dieu hostilité éternelle à toute forme de tyrannie sur l’esprit de l’homme »…Si les Américains permettent que le contrôle de la pensée, le contrôle de l’activité, le contrôle de la liberté se poursuivent, nous irons sûrement vers les ombres du fascisme » (Martin Luther King)
« Nous devons refuser de nous laisser emporter par le courant. Un homme qui se noie ne peut pas sauver les autres. Si nous voulons être prêts à sauver les autres, nous devons essayer de nous sauver nous-mêmes ». « Je ne demande à personne de me suivre. Chacun devrait rester à l’écoute de sa petite voix intérieure et agir en conséquence; et, si l’on n’a pas d’oreilles pour écouter, il ne reste plus qu’à faire de son mieux. En aucun cas, il ne faut imiter les autres comme un mouton ». « L’expérience m’a fait voir que si je voulais vivre en société tout en préservant mon indépendance, je devais me limiter aux questions de première importance pour faire valoir les exigences d’une entière indépendance. Dans d’autres domaines où ne sont en jeu ni religion ni morale, on se doit de céder à la majorité »...« La règle de la majorité a un champ d’application limité; on ne doit céder à la majorité que sur les questions de détail. Mais c’est agir en esclave que de se soumettre à la majorité quelles que soient ses décisions. La démocratie n’est pas faite pour ceux qui se comportent comme des moutons. En régime démocratique, chaque individu garde jalousement sa liberté d’opinion et d’action. La loi de la majorité n’a rien à dire là où la conscience doit se prononcer »...« Mais je sais non moins bien qu’il faut faire son devoir sans se soucier de l’opinion des autres. J’ai toujours considéré que chacun devait agir selon sa propre conscience, même si les autres vous donnent tort. L’expérience a confirmé à mes yeux le bien-fondé de ce principe. C’est ce qui fait dire au poète : « le sentier de l’amour passe par l’épreuve du feu; les timorés s’en détournent ». Le sentier de l’ahimsa, c’est-à-dire de l’amour, doit souvent être parcouru en toute solitude ». (Gandhi)
« La vérité demeure ensevelie sous les maximes d’une politesse fausse. On appelle savoir-vivre l’art de vivre avec bassesse. On ne met point de différence entre connaître le monde et le tromper; et la cérémonie, qui devrait être entièrement bornée à l’extérieur, se glisse jusque dans les mœurs. On laisse l’ingénuité aux petits esprits, comme une marque de leur imbécillité. La franchise est regardée comme un vice dans l’éducation. On ne demande point que le cœur soit bien placé; il suffit qu’on l’ait fait comme les autres. C’est comme dans les portraits, où l’on n’exige autre chose si ce n’est qu’ils soient ressemblants. On croit, par la douceur de la flatterie, avoir trouvé le moyen de rendre la vie délicieuse. Un homme simple qui n’a que la vérité à dire est regardé comme le perturbateur du plaisir public. On le fuit, parce qu’il ne plaît point; on fuit la vérité qu’il annonce, parce qu’elle est amère; on fuit la sincérité dont il fait profession, parce qu’elle ne porte que des fruits sauvages; on la redoute, parce qu’elle humilie, parce qu’elle révolte l’orgueil, qui est la plus chère des passions, parce qu’elle est un peintre fidèle, qui nous fait voir aussi difformes que nous le sommes. Il ne faut donc pas s’étonner si elle est si rare : elle est chassée, elle est proscrite partout. Chose merveilleuse elle trouve à peine un asile dans le sein de l’amitié. Toujours séduits par la même erreur, nous ne prenons des amis que pour avoir des gens particulièrement destinés à nous plaire : notre estime finit avec leur complaisance; le terme de l’amitié est le terme des agréments. Et quels sont ces agréments? Qu’est-ce qui nous plaît davantage dans nos amis? Ce sont les louanges continuelles, que nous levons sur eux comme des tributs. D’où vient qu’il n’y a plus de véritable amitié parmi les hommes? Que ce nom n’est plus qu’un piège, qu’ils emploient avec bassesse pour se séduire? « C’est, dit un poète, parce qu’il n’y a plus de sincérité » ».« La plupart des gens, séduits par les apparences, se laissent prendre aux appâts trompeurs d’une basse et servile complaisance; ils la prennent pour un signe d’une véritable amitié, et confondent, comme disait Pythagore, le chant des Sirènes avec celui des Muses ». (Montesquieu).
« La Providence a donné à chaque individu, quel qu’il soit, le degré de raison nécessaire pour qu’il puisse se diriger lui-même dans les choses qui l’intéresse exclusivement. Telle est la grande maxime sur laquelle, aux Etats-Unis, repose la société civile et politique »…« Étendue à l’ensemble de la nation, elle devient le dogme de la souveraineté du peuple ». « Qu’est-ce donc qu’une majorité prise collectivement, sinon un individu qui a des opinions et le plus souvent des intérêts contraires à un autre individu qu’on nomme la minorité? Or, si vous admettez qu’un homme revêtu de la toute-puissance peut en abuser contre ses adversaires, pourquoi n’admettez-vous pas la même chose pour une majorité? Les hommes en se réunissant, ont-ils changé de caractère? Sont-ils devenus plus patients dans les obstacles en devenant plus forts? Pour moi, je ne saurais le croire; et le pouvoir de tout faire, que je refuse à un seul de mes semblables, je ne l’accorderai jamais à plusieurs ». (Alexis de Tocqueville)
« Chez eux (les peuples démocratiques), la faveur publique semble aussi nécessaire que l’air que l’on respire, et c’est, pour ainsi dire, ne pas vivre que d’être en désaccord avec la masse. Celle-ci n’a pas besoin d’employer les lois pour plier ceux qui ne pensent pas comme elle. Il lui suffit de les désapprouver. Le sentiment de leur isolement et de leur impuissance les accable aussitôt et les désespère. Toutes les fois que les conditions sont égales, l’opinion générale pèse d’un poids immense sur l’esprit de chaque individu; elle l’enveloppe, le dirige et l’opprime : cela tient à la constitution même de la société bien plus qu’à ses lois politiques ». « Quand un peuple a un état social démocratique, c’est-à-dire qu’il n’existe plus dans son sein de castes ni de classes, et que tous les citoyens y sont à peu près égaux en lumières et en biens, l’esprit humain chemine en sens contraire. Les hommes se ressemblent, et de plus ils souffrent, en quelque sorte, de ne pas se ressembler. Loin de vouloir conserver ce qui peut encore singulariser chacun d’eux, ils ne demandent qu’à le perdre pour se confondre dans la masse commune, qui seule représente à leurs yeux le droit et la force. L’esprit d’individualité est presque détruit ».« Je promène mes regards sur cette foule innombrable composée d’être pareils, où rien ne s’élève ni ne s’abaisse. Le spectacle de cette uniformité universelle m’attriste et me glace, et je suis tenté de regretter la société qui n’est plus ». (Alexis de Tocqueville)
« En effet, si partout dans le monde les humains bâtissaient les fondations de leurs maisons sur du sable, on ne saurait en inférer que cela doit être fait de la sorte ». « Quand on bâtit sur de fausses bases, plus on bâtit, plus les ruines sont importantes ». (Thomas Hobbes)
Avoir un esprit sain dans un corps sain :
« Plus le corps est faible, plus il commande; plus il est fort, plus il obéit ». (Jean-Jacques Rousseau)
Ne pas imposer aux autres les règles de notre conduite :
« La conscience ne nous parle pas à tous d’une façon identique. Sans doute est-elle un excellent guide pour chacun; mais vouloir imposer aux autres les règles de notre conduite individuelle, serait une entorse intolérable à la liberté de conscience ». (Gandhi)
La Société corrompt :
« L’homme naît naturellement bon, c’est la société qui le corrompt ». « Tout est bien sortant des mains de l’Auteur des choses, tout dégénère entre les mains des hommes »...« Les hommes ne sont point faits pour être entassés en fourmilières, mais épars sur la terre qu’ils doivent cultiver. Plus ils se rassemblent, plus ils se corrompent. Les infirmités du corps, ainsi que les vices de l’âme, sont l’infaillible effet de ce concours trop nombreux. L’homme est de tous les animaux celui qui peut le moins vivre en troupeaux. Des hommes entassés comme des moutons périraient tous en très peu de temps. L’haleine de l’homme est mortelle à ses semblables : cela n’est pas moins vrai au propre qu’au figuré. Les villes sont le gouffre de l’espèce humaine ». (Jean-Jacques Rousseau)
« Chacun commença à regarder les autres et à vouloir être regardé soi-même, et l’estime publique eut un prix. Celui qui chantait ou dansait le mieux; le plus beau, le plus fort, le plus adroit ou le plus éloquent devint le plus considéré, et ce fut là le premier pas vers l’inégalité, et vers le vice en même temps : de ces premières préférences nâquirent d’un côté la vanité et le mépris, de l’autre la honte et l’envie; et la fermentation causée par ces nouveaux levains produisit enfin des composés funestes au bonheur et à l’innocence ». « Le rang et le sort de chaque homme établi, non seulement sur la quantité des biens et le pouvoir de servir ou de nuire, mais sur l’esprit, la beauté, la force ou l’adresse, sur le mérite ou les talents, et ces qualités étant les seules qui pouvaient attirer de la considération, il fallut bientôt les avoir ou les affecter. Il fallut pour son avantage se montrer autre que ce qu’on était en effet. Être et paraître devinrent deux choses tout à fait différentes, et de cette distinction sortirent le faste imposant, la ruse trompeuse, et tous les vices qui en sont le cortège. D’un autre côté, de libre et indépendant qu’était auparavant l’homme, le voilà par une multitude de nouveaux besoins assujetti, pour ainsi dire, à toute la Nature, et surtout à ses semblables dont il devient l’esclave en un sens, même en devenant leur maître; riche, il a besoin de leurs services; pauvre, il a besoin de leurs secours, et la médiocrité ne le met point en état de se passer d’eux. Il faut donc qu’il cherche sans cesse à les intéresser à son sort, et à leur faire trouver en effet ou en apparence leur profit à travailler pour le sien : ce qui le rend fourbe et artificieux avec les uns, impérieux et dur avec les autres, et le met dans la nécessité d’abuser tous ceux dont il a besoin, quand il ne peut s’en faire craindre, et qu’il ne trouve pas son intérêt à les servir utilement. Enfin l’ambition dévorante, l’ardeur d’élever sa fortune relative, moins par un véritable besoin que pour se mettre au-dessus des autres, inspire à tous les hommes un noir penchant à se nuire mutuellement, une jalousie secrète d’autant plus dangereuse que, pour faire son coup plus en sûreté, elle prend souvent le masque de la bienveillance; en un mot, concurrence et rivalité d’une part, de l’autre opposition d’intérêt, et toujours le désir caché de faire son profit aux dépends d’autrui. Tous ces maux sont le premier effet de la propriété et le cortège inséparable de l’inégalité naissante ». (Jean-Jacques Rousseau)
« Qu’il sache que l’homme est naturellement bon, qu’il le sente, qu’il juge de son prochain par lui-même; mais, qu’il voie comment la société déprave et pervertit les hommes; qu’il trouve dans leurs préjugés la source de tous leurs vices; qu’il soit porter à estimer chaque individu, mais qu’il méprise la multitude; qu’il voie que tous les hommes portent à peu près le même masque, mais qu’il sache aussi qu’il y a des visages plus beaux que le masque qui les couvre ». (Jean-Jacques Rousseau)
« Ainsi, ce qui rend l’homme essentiellement bon est d’avoir peu de besoins, et de peu se comparer aux autres; ce qui le rend essentiellement méchant est d’avoir beaucoup de besoins, et de tenir beaucoup à l’opinion. Sur ce principe, il est aisé de voir comment on peut diriger au bien ou au mal toutes les passions des enfants et des hommes. Il est vrai que, ne pouvant vivre toujours seuls, ils vivront difficilement toujours bons : cette difficulté même augmentera nécessairement avec leurs relations; et c’est en ceci surtout que les dangers de la société nous rendent l’art et les soins plus indispensables pour prévenir dans le cœur humain la dépravation qui naît de ses nouveaux besoins ». (Jean-Jacques Rousseau)
Effet de foule / le besoin d'appartenir à un groupe :
a) Le besoin de s'associer :
« Chez les peuples démocratiques, au contraire, tous les citoyens sont indépendants et faibles; ils ne peuvent presque rien par eux-mêmes, et aucun d’entre eux ne saurait obliger ses semblables à lui prêter leur concours. Ils tombent donc tous dans l’impuissance s’ils n’apprennent à s’aider librement »… « Ce sont les associations qui, chez les peuples démocratiques, doivent tenir lieu des particuliers puissants (aristocrates) que l’égalité des conditions a fait disparaître. Sitôt que plusieurs des habitants des Etats-Unis ont conçu un sentiment ou une idée qu’ils veulent produire dans le monde, ils se cherchent, et, quand ils se sont trouvés, ils s’unissent. Dès lors, ce ne sont plus des hommes isolés, mais une puissance qu’on voit de loin, et dont les actions servent d’exemple; qui parle, et qu’on écoute ». (Alexis de Tocqueville)
« Quand un peuple a un état social démocratique, c’est-à-dire qu’il n’existe plus dans son sein de castes ni de classes, et que tous les citoyens y sont à peu près égaux en lumières et en biens, l’esprit humain chemine en sens contraire. Les hommes se ressemblent, et de plus ils souffrent, en quelque sorte, de ne pas se ressembler. Loin de vouloir conserver ce qui peut encore singulariser chacun d’eux, ils ne demandent qu’à le perdre pour se confondre dans la masse commune, qui seule représente à leurs yeux le droit et la force. L’esprit d’individualité est presque détruit ». (Alexis de Tocqueville)
Les dangers de s'associer :
« De nombreuses jeunes personnes, décentes et saines, se laissent entraîner dans des actions malsaines, que personnellement elles n’approuvent pas ni même ne goûtent, parce qu’elles sont gênées de dire non quand la bande dit oui. Combien peu de gens ont l’audace d’exprimer publiquement leurs convictions, et combien beaucoup avouent être astronomiquement intimidés! ». « Reinhold Niebuhr a pu écrire un livre intitulé Moral Man and Immoral Society. L’homme collectivisé dans le groupe, la tribu, la race et la nation atteint souvent à des niveaux de barbarie impensables même chez les animaux inférieurs ». (Martin Luther King)
« Je ne demande à personne de me suivre. Chacun devrait rester à l’écoute de sa petite voix intérieure et agir en conséquence; et, si l’on n’a pas d’oreilles pour écouter, il ne reste plus qu’à faire de son mieux. En aucun cas, il ne faut imiter les autres comme un mouton ». (Gandhi)
« Quand un peuple a un état social démocratique, c’est-à-dire qu’il n’existe plus dans son sein de castes ni de classes, et que tous les citoyens y sont à peu près égaux en lumières et en biens, l’esprit humain chemine en sens contraire. Les hommes se ressemblent, et de plus ils souffrent, en quelque sorte, de ne pas se ressembler. Loin de vouloir conserver ce qui peut encore singulariser chacun d’eux, ils ne demandent qu’à le perdre pour se confondre dans la masse commune, qui seule représente à leurs yeux le droit et la force. L’esprit d’individualité est presque détruit ». (Alexis de Tocqueville)
Effet pervers de la démocratie: la tyrannie de la majorité (remède : la Charte des droits et libertés interprétée par les tribunaux) :
« Qu’est-ce donc qu’une majorité prise collectivement, sinon un individu qui a des opinions et le plus souvent des intérêts contraires à un autre individu qu’on nomme la minorité? Or, si vous admettez qu’un homme revêtu de la toute-puissance peut en abuser contre ses adversaires, pourquoi n’admettez-vous pas la même chose pour une majorité? Les hommes en se réunissant, ont-ils changé de caractère? Sont-ils devenus plus patients dans les obstacles en devenant plus forts? Pour moi, je ne saurais le croire; et le pouvoir de tout faire, que je refuse à un seul de mes semblables, je ne l’accorderai jamais à plusieurs ». « Les démocraties sont naturellement portées à concentrer toute la force sociale dans les mains du corps législatif. Celui-ci étant le pouvoir qui émane le plus directement du peuple, est aussi celui qui participe le plus de sa toute-puissance. On remarque donc en lui une tendance habituelle qui le porte à réunir toute espèce d’autorité dans son sein. Cette concentration des pouvoirs, en même temps qu’elle nuit singulièrement à la bonne conduite des affaires, fonde le despotisme de la majorité ». « Le pouvoir accordé aux tribunaux de se prononcer sur l’inconstitutionnalité des lois, forme encore une des plus puissantes barrières qu’on ait jamais élevée contre la tyrannie des assemblées politiques ». « De notre temps, la liberté d’association est devenue une garantie nécessaire contre la tyrannie de la majorité » (Alexis de Tocqueville)
« La règle de la majorité a un champ d’application limité; on ne doit céder à la majorité que sur les questions de détail. Mais c’est agir en esclave que de se soumettre à la majorité quelles que soient ses décisions. La démocratie n’est pas faite pour ceux qui se comportent comme des moutons. En régime démocratique, chaque individu garde jalousement sa liberté d’opinion et d’action. La loi de la majorité n’a rien à dire là où la conscience doit se prononcer ». (Gandhi)
« Nécessité ne connaît pas de loi » :
« Nécessité ne connaît pas de loi ». (Karl Jaspers)
« La voix intérieure ne sait point se faire entendre à celui qui ne songe qu’à se nourrir ». (Jean-Jacques Rousseau)
« Avant de penser à quoi que ce soit d’autre, l’homme affamé cherche tout d’abord à calmer sa faim. Il ira jusqu’à vendre sa liberté pour se procurer quelques miettes de nourritures ». (Gandhi)
« D’abord la bouffe, ensuite la morale ». (Bertolt Brecht)(cité par Hans Jonas)
Ne pas trop consommer :
« Ainsi, ce qui rend l’homme essentiellement bon est d’avoir peu de besoins, et de peu se comparer aux autres; ce qui le rend essentiellement méchant est d’avoir beaucoup de besoins, et de tenir beaucoup à l’opinion. Sur ce principe, il est aisé de voir comment on peut diriger au bien ou au mal toutes les passions des enfants et des hommes. Il est vrai que, ne pouvant vivre toujours seuls, ils vivront difficilement toujours bons : cette difficulté même augmentera nécessairement avec leurs relations; et c’est en ceci surtout que les dangers de la société nous rendent l’art et les soins plus indispensables pour prévenir dans le cœur humain la dépravation qui naît de ses nouveaux besoins ». (Jean-Jacques Rousseau)
Distinguer l'être humain de ses actes :
« L’homme et ses actes sont deux choses distinctes. Alors qu’il convient d’approuver une bonne action et d’en réprouver une mauvaise, il faut toujours, selon le cas, respecter ou plaindre l’auteur de cet acte. « Tu dois haïr le péché mais non le pécheur ». C’est là un précepte assez facile à comprendre mais difficile à mettre en pratique. C’est pourquoi la haine répand son poison à travers le monde ». « Je me considère comme incapable de haïr qui que ce soit… En revanche, je hais le mal sous toutes ses formes ». (Gandhi)
Attention aux gens éloquents et flatteurs :
« L’éloquence accompagnée de flatterie porte à faire confiance à ceux qui les pratiquent parce que la première semble être de la sagesse et la seconde de la bonté ». (Thomas Hobbes)
Passivité=complicité/Aveuglement volontaire :
« On ne peut pas être vraiment non-violent et rester passif devant les injustices sociales ». (Gandhi)
« Qui croit devoir fermer les yeux sur quelque chose se voit bientôt forcé de les fermer sur tout : le premier abus toléré en amène un autre; et cette chaîne ne finit plus qu’au renversement de tout ordre et au mépris de toute loi ». (Jean-Jacques Rousseau)
Criminels :
« Le mot criminel devrait être rayé de notre dictionnaire. Ou alors, nous sommes tous des criminels. « Qu’il jette la première pierre celui qui est sans péché ». Et il ne se trouva pas personne pour oser jeter la pierre à la femme pécheresse. Comme le dit une fois un geôlier : en secret, ils sont tous criminels. Cette boutade contient une vérité profonde ». (Gandhi)
« Le mal que nous font les méchants nous fait oublier celui qu’ils se font à eux-mêmes. Nous leur pardonnerions plus aisément leurs vices, si nous pouvions connaître combien leur propre cœur les en punit. Nous sentons l’offense et nous ne voyons pas le châtiment; les avantages sont apparents, la peine est intérieure ». (Jean-Jacques Rousseau)
Même le pire scélérat souhaite être bon!! (Emmanuel Kant)
Croire quelqu'un :
« Nous croyons les hommes seulement, non à la vérité de ce qu’ils disent. Puisque les humains sont mus par leurs passions, ils croiront ce qui leur est profitable; il suffira pour cela de leur bien présenter la chose ». (Thomas Hobbes)
« Le manque de science, autrement dit l’ignorance des causes, porte ou plutôt force à s’en remettre à l’avis et à l’autorité des autres. En effet, tout ceux que la vérité concerne, s’ils ne s’en remettent pas à eux-mêmes, doivent s’en remettre à l’opinion d’un autre, qu’ils pensent plus avisé qu’eux, et dont ils ne voient pas pourquoi il les tromperait ». (Thomas Hobbes)
« En effet, il est facile à certains d’amener ceux qui leur font confiance à croire n’importe quoi : avec de la bienveillance et de l’adresse, ils peuvent manipuler leur peur et leur ignorance ». (Thomas Hobbes)
Cruauté vs Vengeance :
« Dans les vengeances (c’est-à-dire faire payer le mal par le mal), on ne considère pas la grandeur du mal passé, mais la grandeur du bien qui suit. Par là, il nous est interdit d’infliger une punition dans un tout autre dessein que celui de corriger l’offenseur ou de diriger les autres… De plus, la vengeance sans considération de l’exemple et du profit à venir est le triomphe ou la glorification de la douleur des autres, et tend à être sans fin (car la fin est toujours ce qui est à venir); or, la gloire sans fin est vaine gloire, et contraire à la raison; et, faire souffrir sans raison, c’est tendre à introduire la guerre, ce qui est contre la loi de nature, ce que l’on désigne communément du nom de cruauté ». (Thomas Hobbes)
« Pour servir de la viande à un prix abordable, notre société tolère des méthodes de production qui confinent les animaux dans des espaces exigus et intolérables toute leur vie. Les animaux sont traités comme des machines qui transforment le fourrage en viande, et toute innovation susceptible de produire un taux de conversion plus élevé a des chances d’être adoptée. Comme l’a déclaré une autorité en la matière, « on ne reconnaît la cruauté que lorsque le profit cesse » ». (Peter Singer)
Nos défauts :
« Il est vrai qu’un homme est incapable de se voir de dos. Il est tout aussi difficile pour chacun de prendre conscience de ses propres égarements ».(Gandhi)
Défendre une cause :
« J’ai chaque fois agi dans l’intérêt de la non-violence, sans avoir d’autres idées derrière la tête ni m’être livré à de sordides calculs pour en faire profiter mon pays. Je ne crois pas qu’on puisse faire avancer la cause nationale ou toute autre cause en portant préjudice à d’autres intérêts ». « L’histoire m’a enseigné une vérité importante. Quelle que soit la noblesse d’une cause à defendre, la haine et la violence compromettent la paix que l’on recherche et font redoubler la haine et la violence ». « Je ne veux pour rien au monde étouffer cette petite voix qui est ma conscience ou l’expression de ce qu’il y a de plus profond en moi. Un élan irrésistible me pousse à crier mon angoisse. J’en connais exactement la cause. Cette voix intérieure ne me trompe jamais. Pour l’instant, elle me dit : « Tiens bon, même si tu es seul et si tout le monde est contre toi. Regarde-les droit dans les yeux même si les leurs sont injectés de sang. N’aie pas peur. Fais confiance à cette petite voix du cœur qui te demande d’être disposé à abandonner amis, femme, tout et tous. Sois prêt à mourir pour témoigner de ce qui donne un sens à ta vie ». « J’en suis venu à cette conclusion capitale que pour obtenir un résultat décisif, il ne suffit pas de convaincre la raison; il faut également toucher le cœur ». (Gandhi)
Démocratie :
« D’après l’idée que je m’en fais, la démocratie est le régime sous lequel les plus faibles ont les mêmes possibilités que les plus forts ». (Gandhi)
« La règle de la majorité a un champ d’application limité; on ne doit céder à la majorité que sur les questions de détail. Mais c’est agir en esclave que de se soumettre à la majorité quelles que soient ses décisions. La démocratie n’est pas faite pour ceux qui se comportent comme des moutons. En régime démocratique, chaque individu garde jalousement sa liberté d’opinion et d’action. La loi de la majorité n’a rien à dire là où la conscience doit se prononcer ».(Gandhi)
« La démocratie et la violence s’accordent mal. Les États qui se disent aujourd’hui démocratiques feraient mieux de se déclarer franchement totalitaires, ou alors, s’ils veulent vraiment devenir démocratiques, qu’ils se décident courageusement à devenir non-violents ». (Gandhi)
Alexandre Hamilton : « Lorsque les vrais intérêts du peuple sont contraires à ses désirs, le devoir de tous ceux qu’il a préposés à la garde de ses intérêts est de combattre l’erreur dont il est momentanément la victime, afin de lui donner le temps de se reconnaître et d’envisager les choses de sang-froid. Et il est arrivé plus d’une fois qu’un peuple, sauvé ainsi des fatales conséquences de ses propres erreurs, s’est plu à élever des monuments de sa reconnaissance aux hommes qui avaient eu le magnanime courage de s’exposer à lui déplaire pour le servir ». (Alexis de Tocqueville)
« Les démocraties sont naturellement portées à concentrer toute la force sociale dans les mains du corps législatif. Celui-ci étant le pouvoir qui émane le plus directement du peuple, est aussi celui qui participe le plus de sa toute-puissance. On remarque donc en lui une tendance habituelle qui le porte à réunir toute espèce d’autorité dans son sein. Cette concentration des pouvoirs, en même temps qu’elle nuit singulièrement à la bonne conduite des affaires, fonde le despotisme de la majorité ». (Alexis de Tocqueville)
« Que le pouvoir accordé aux tribunaux de se prononcer sur l’inconstitutionnalité des lois, forme encore une des plus puissantes barrières qu’on ait jamais élevée contre la tyrannie des assemblées politiques ». (Alexis de Tocqueville)
« Deux dangers principaux menacent l’existence des démocraties : L’asservissement complet du pouvoir législatif aux volontés du corps électoral. La concentration, dans le pouvoir législatif, de tous les autres pouvoirs du gouvernement ». (Alexis de Tocqueville)
« Plus le peuple est nombreux et plus la nature des esprits et des intérêts se diversifie, plus par conséquent il est difficile de former une majorité compacte »… « Il est donc permis de dire d’une manière générale que rien n’est si contraire au bien-être et à la liberté des hommes que les grands empires ». (Alexis de Tocqueville)
« S’il n’y avait que de petites nations et point de grandes, l’humanité serait à coup sûr plus libre et plus heureuse; mais on ne peut faire qu’il n’y ait pas de grandes nations. Ceci introduit dans le monde un nouvel élément de prospérité nationale, qui est la force. Qu’importe qu’un peuple présente l’image de l’aisance et de la liberté, s’il se voit exposé chaque jour à être ravagé ou conquis?... Les petites nations sont souvent misérables, non point parce qu’elles sont petites, mais parce qu’elles sont faibles; les grandes prospèrent, non point parce qu’elles sont grandes, mais parce qu’elles sont fortes. La force est donc souvent pour les nations une des premières conditions du bonheur et même de l’existence. De là vient qu’à moins de circonstances particulières, les petits peuples finissent toujours par être réunis violemment aux grands ou par s’y réunir d’eux-mêmes. Je ne sache pas de condition plus déplorable que celle d’un peuple qui ne peut se défendre ni se suffire. C’est pour unir les avantages divers qui résultent de la grandeur et de la petitesse des nations que le système fédératif a été créé. »… « L’Union est libre et heureuse comme une petite nation, glorieuse et forte comme une grande ». (Alexis de Tocqueville)
« Il n’y a, en général, que les conceptions simples qui s’emparent de l’esprit du peuple. Une idée fausse, mais claire et précise, aura toujours plus de puissance dans le monde qu’une idée vraie, mais complexe ».(Alexis de Tocqueville)
« Il est facile d’apercevoir dans les riches un grand dégoût pour les institutions démocratiques de leur pays. Le peuple est un pouvoir qu’ils craignent et qu’ils méprisent ».(Alexis de Tocqueville)
« En général, la démocratie donne peu aux gouvernants et beaucoup aux gouvernés. Le contraire se voit dans les aristocraties où l’argent de l’État profite surtout à la classe qui mène les affaires ». (Alexis de Tocqueville)
« Ce qu’il faut craindre d’ailleurs, ce n’est pas tant la vue de l’immoralité des grands que celle de l’immoralité menant à la grandeur ». (Alexis de Tocqueville)
« Le peuple sent bien plus qu’il ne raisonne ». (Alexis de Tocqueville)
« Les lois de la démocratie tendent, en général, au bien du plus grand nombre, car elles émanent de la majorité de tous les citoyens, laquelle peut se tromper, mais ne saurait avoir un intérêt contraire à elle-même ». (Alexis de Tocqueville)
« Ceux qu’on charge, aux Etats-Unis, de diriger les affaires du public, sont souvent inférieurs en capacité et en moralité aux hommes que l’aristocratie porterait au pouvoir; mais leur intérêt se confond et s’identifie avec celui de la majorité de leurs concitoyens. Ils peuvent donc commettre de fréquentes infidélités et de graves erreurs, mais ils ne suivront jamais systématiquement une tendance hostile à cette majorité; et il ne saurait leur arriver d’imprimer au gouvernement une allure exclusive et dangereuse ». (Alexis de Tocqueville)
« L’empire moral de la majorité se fonde en partie sur cette idée, qu’il y a plus de lumières et de sagesse dans beaucoup d’hommes réunis que dans un seul, dans le nombre des législateurs que dans le choix. C’est la théorie de l’égalité appliquée aux intelligences »… « L’empire moral de la majorité se fonde encore sur ce principe, que les intérêts du plus grand nombre doivent être préférés à ceux du petit ». (Alexis de Tocqueville)
« Qu’est-ce donc qu’une majorité prise collectivement, sinon un individu qui a des opinions et le plus souvent des intérêts contraires à un autre individu qu’on nomme la minorité? Or, si vous admettez qu’un homme revêtu de la toute-puissance peut en abuser contre ses adversaires, pourquoi n’admettez-vous pas la même chose pour une majorité? Les hommes en se réunissant, ont-ils changé de caractère? Sont-ils devenus plus patients dans les obstacles en devenant plus forts? Pour moi, je ne saurais le croire; et le pouvoir de tout faire, que je refuse à un seul de mes semblables, je ne l’accorderai jamais à plusieurs ». (Alexis de Tocqueville)
« Sous le gouvernement absolu d’un seul, le despotisme, pour arriver à l’âme, frappait grossièrement le corps; et l’âme, échappant à ces coups, s’élevait glorieuse au-dessus de lui; mais dans les républiques démocratiques, ce n’est point ainsi que procède la tyrannie; elle laisse le corps et va droit à l’âme. Le maître n’y dit plus : Vous penserez comme moi, ou vous mourrez; il dit : Vous êtes libres de ne point penser ainsi que moi; votre vie, vos biens, tout vous reste; mais de ce jour vous êtes un étranger parmi nous… ».(Alexis de Tocqueville)
« Il n’existe pas de génie littéraire sans liberté d’esprit, et il n’y a pas de liberté d’esprit en Amérique ». (Alexis de Tocqueville)
« J’aime, en cette matière, à citer Jefferson de préférence à tout autre, parce que je le considère comme le plus puissant apôtre qu’ait jamais eu la démocratie ». (Alexis de Tocqueville)
« Le système du jury, tel qu’on l’entend en Amérique, me paraît une conséquence aussi directe et aussi extrême du dogme de la souveraineté du peuple que le vote universel. Ce sont deux moyens également puissants de faire régner la majorité ». (Alexis de Tocqueville)
« Je pense qu’on a tort de regarder la religion catholique comme un ennemi naturel de la démocratie. Parmi les différentes doctrines chrétiennes, le catholicisme me paraît au contraire l’une des plus favorables à l’égalité des conditions. Chez les catholiques, la société religieuse ne se compose que de deux éléments : le prêtre et le peuple. Le prêtre s’élève seul au-dessus des fidèles : tout est égal au-dessous de lui. En matière de dogmes, le catholicisme place le même niveau sur toutes les intelligences; il astreint aux détails des mêmes croyances le savant ainsi que l’ignorant, l’homme de génie aussi bien que le vulgaire; il impose les mêmes pratiques au riche comme au pauvre, inflige les mêmes austérités au puissant comme au faible; il ne compose avec aucun mortel, et appliquant à chacun des humains la même mesure, il aime à confondre toutes les classes de la société au pied du même autel, comme elles sont confondues aux yeux de Dieu. Si le catholicisme dispose les fidèles à l’obéissance, il ne les prépare donc pas à l’inégalité. Je dirai le contraire du protestantisme qui, en général, porte les hommes bien moins vers l’égalité que vers l’indépendance »...« Il n’y a pas d’hommes qui, par leur croyances, soient plus disposés que les catholiques à transporter dans le monde politique l’idée de l’égalité des conditions ». (Alexis de Tocqueville)
« C’est le despotisme qui peut se passer de la foi, mais non la liberté. La religion est beaucoup plus nécessaire dans la république qu’ils préconisent, que dans la monarchie qu’ils attaquent, et dans les républiques démocratiques que dans toutes les autres ». (Alexis de Tocqueville)
« Washington avait dit, dans un de ses messages au congrès : « Nous sommes plus éclairés et plus puissants que les nations indiennes; il est de notre honneur de les traiter avec bonté et même avec générosité ». Cette noble et vertueuse politique n’a point été suivie ». (Alexis de Tocqueville)
« Mais la majorité elle-même n’est pas toute-puissante. Au-dessus d’elle, dans le monde moral, se trouvent l’humanité, la justice et la raison; dans le monde politique, les droits acquis. La majorité reconnaît ces deux barrières, et s’il lui arrive de les franchir, c’est qu’elle a des passions, comme chaque homme, et que, semblable à eux, elle peut faire le mal en discernant le bien ». (Alexis de Tocqueville)
« C’est ainsi que la république existe en Amérique, sans combat, sans opposition, sans preuve, par un accord tacite, une sorte de consensus universalis ». (Alexis de Tocqueville)
« A mesure que les citoyens deviennent plus égaux et plus semblables, le penchant de chacun à croire aveuglément un certain homme ou une certaine classe diminue. La disposition à en croire la masse augmente, et c’est de plus en plus l’opinion qui mène le monde. Non seulement l’opinion commune est le seul guide qui reste à la raison individuelle chez les peuples démocratiques; mais elle a chez ces peuples une puissance infiniment plus grande que chez nul autre »… « Aux Etats-Unis, la majorité se charge de fournir aux individus une foule d’opinions toutes faites, et les soulage ainsi de l’obligation de s’en former qui leur soient propres. Il y a un grand nombre de théories en matière de philosophie, de morale ou de politique, que chacun y adopte ainsi sans examen sur la foi du public ». (Alexis de Tocqueville)
« Il faut reconnaître que l’égalité, qui introduit de grands biens dans le monde, suggère cependant aux hommes, des instincts forts dangereux; elle tend à les isoler les uns des autres, pour porter chacun d’eux à ne s’occuper que de lui seul. Elle ouvre démesurément leur âme à l’amour des jouissances matérielles. Le plus grand avantage des religions est d’inspirer des instincts tout contraires »… « Les peuples religieux sont donc naturellement forts précisément à l’endroit où les peuples démocratiques sont faibles; ce qui fait bien voir de quelle importance il est que les hommes gardent leur religion en devenant égaux ». (Alexis de Tocqueville)
« Mahomet a fait descendre du ciel, et a placé dans le Coran, non seulement des doctrines religieuses, mais des maximes politiques, des lois civiles et criminelles, des théories scientifiques. L’Évangile ne parle, au contraire, que des rapports généraux des hommes avec Dieu et entre eux. Hors de là, il n’enseigne rien et n’oblige à rien croire. Cela seul, entre mille autre raisons, suffit pour montrer que la première de ces deux religions ne saurait dominer longtemps dans des temps de lumières et de démocratie, tandis que la seconde est destinée à régner dans ces siècles comme dans tous les autres ». (Alexis de Tocqueville)
« Non seulement les hommes qui vivent dans les sociétés démocratiques se livrent difficilement à la méditation, mais ils ont naturellement peu d’estime pour elle. L’état social et les institutions démocratiques portent la plupart des hommes à agir constamment; or, les habitudes d’esprit qui conviennent à l’action ne conviennent pas toujours à la pensée. L’homme qui agit en est réduit à se contenter souvent d’à-peu-près, parce qu’il n’arriverait jamais au bout de son dessein s’il voulait perfectionner chaque détail. Il lui faut s’appuyer sans cesse sur des idées qu’il n’a pas eu le loisir d’approfondir, car c’est bien plus l’opportunité de l’idée dont il se sert que sa rigoureuse justesse qui l’aide; et à tout prendre, il y a moins de risque pour lui à faire usage de quelques principes faux, qu’à consumer son temps à établir la vérité de tous ses principes. Ce n’est point par de longues et savantes démonstrations que se mène le monde » … « Dans les siècles où presque tout le monde agit, on est donc généralement porté à attacher un prix excessif aux élans rapides et aux conceptions superficielles de l’intelligence, et, au contraire, à déprécier outre mesure son travail profond et lent ». (Alexis de Tocqueville)
« On peut aisément concevoir que, dans une société organisée de cette manière (société démocratique), l’esprit humain soit insensiblement conduit à négliger la théorie et qu’il doit, au contraire, se sentir poussé avec une énergie sans pareille vers l’application, ou tout au moins vers cette portion de la théorie qui est nécessaire à ceux qui appliquent ». (Alexis de Tocqueville)
« D’autre part, on voit toujours dans les démocraties un très grand nombre d’hommes dont la fortune croît, mais dont les désirs croissent bien plus vite que la fortune et qui dévorent des yeux les biens qu’elle leur promet, longtemps avant qu’elle les livre ». (Alexis de Tocqueville)
« Dans la confusion de toutes les classes, chacun espère pouvoir paraître ce qu’il n’est pas et se livre à de grands efforts pour y parvenir. La démocratie ne fait pas naître ce sentiment, qui n’est que trop naturel au cœur de l’homme; mais elle l’applique aux choses matérielles : l’hypocrisie de la vertu est de tous les temps; celle du luxe appartient plus particulièrement aux siècles démocratiques ». (Alexis de Tocqueville)
« S’ils ont quelquefois recours aux savantes étymologies, c’est d’ordinaire la vanité qui les leur fait chercher au fond des langues mortes, et non l’érudition qui les offre naturellement à leur esprit. Il arrive même quelquefois que ce sont les plus ignorants d’entre eux qui en font le plus d’usage. Le désir tout démocratique de sortir de sa sphère les porte souvent à vouloir rehausser une profession très grossière par un nom grec ou latin. Plus le métier est bas et éloigné de la science, plus le nom est pompeux et érudit. C’est ainsi que nos danseurs de corde se sont transformés en acrobates et en funambules ». (Alexis de Tocqueville)
« Ainsi, il est naturel que, dans les pays démocratiques, les membres des assemblées politiques songent à leurs électeurs plus qu’à leur parti »… « Or, ce qu’il faut dire pour plaire aux électeurs n’est pas toujours ce qu’il conviendrait de faire pour bien servir l’opinion politique qu’ils professent ». (Alexis de Tocqueville)
« La liberté s’est manifestée aux hommes dans différents temps et sous différentes formes; elle ne s’est point attachée exclusivement à un état social, et on la rencontre autre part que dans les démocraties. Elle ne saurait donc former le caractère distinctif des siècles démocratiques. Le fait particulier et dominant qui singularise ces siècles, c’est l’égalité des conditions; la passion principale qui agite les hommes dans ces temps-là, c’est l’amour de cette égalité ». (Alexis de Tocqueville)
« Les peuples démocratiques aiment l’égalité dans tous les temps, mais il est de certaines époques où ils poussent jusqu’au délire la passion qu’ils ressentent pour elle. Ceci arrive au moment où l’ancienne hiérarchie sociale, longtemps menacée, achève de se détruire, après une dernière lutte intestine, et que les barrières qui séparaient les citoyens sont enfin renversées. Les hommes se précipitent alors sur l’égalité comme sur une conquête, et ils s’y attachent comme à un bien précieux qu’on veut leur ravir. La passion d’égalité pénètre de toutes parts dans le cœur humain, elle s’y étend, elle le remplit tout entier. Ne dites point aux hommes qu’en se livrant aussi aveuglément à une passion exclusive, ils compromettent leurs intérêts les plus chers; ils sont sourds. Ne leur montrez pas la liberté qui s’échappe de leur mains tandis qu’ils regardent ailleurs; ils sont aveugles, ou plutôt ils n’aperçoivent dans tout l’univers qu’un seul bien digne d’envie » (p.122)… « Je pense que les peuples démocratiques ont un goût naturel pour la liberté; livrés à eux-mêmes, ils la cherchent, ils l’aiment, et ils ne voient qu’avec douleur qu’on les en écarte. Mais ils ont pour l’égalité une passion ardente, insatiable, éternelle, invincible; ils veulent l’égalité dans la liberté, et, s’ils ne peuvent l’obtenir, ils la veulent encore dans l’esclavage. Ils souffriront la pauvreté, l’asservissement, la barbarie, mais ils ne souffriront pas l’aristocratie. Ceci est vrai dans tous les temps, et surtout dans le nôtre. Tous les hommes et tous les pouvoirs qui voudront lutter contre cette puissance irrésistible seront renversés et détruits par elle. De nos jours, la liberté ne peut s’établir sans son appui, et le despotisme lui-même ne saurait régner sans elle ». (Alexis de Tocqueville)
« L’égoïsme naît d’un instinct aveugle; l’individualisme procède d’un jugement erroné plutôt que d’un sentiment dépravé. Il prend sa source dans les défauts de l’esprit autant que dans les vices du cœur. L’égoïsme dessèche le germe de toutes les vertus, l’individualisme ne tarit d’abord que la source des vertus publiques; mais, à la longue, il attaque et détruit toutes les autres et va enfin s’absorber dans l’égoïsme. L’égoïsme est un vice aussi ancien que le monde. Il n’appartient guère plus à une forme de société qu’à une autre. L’individualisme est d’origine démocratique, et il menace de se développer à mesure que les conditions s’égalisent ». (Alexis de Tocqueville)
« Les Américains ont combattu par la liberté l’individualisme que l’égalité faisait naître, et ils l’ont vaincu »… « Et moi, je dis que, pour combattre les maux que l’égalité peut produire, il n’y a qu’un remède efficace : c’est la liberté politique ». (Alexis de Tocqueville)
« Pour que les hommes restent civilisés ou le deviennent, il faut que parmi eux l’art de s’associer se développe et se perfectionne dans le même rapport que l’égalité des conditions s’accroît ». (Alexis de Tocqueville)
« Le maître et l’ouvrier n’ont donc ici rien de semblable, et ils diffèrent chaque jour davantage… L’un est dans une dépendance continuelle, étroite et nécessaire de l’autre, et semble né pour obéir, comme celui-ci pour commander. Qu’est-ce ceci, sinon de l’aristocratie?... Ainsi, à mesure que la masse de la nation tourne à la démocratie, la classe particulière qui s’occupe d’industrie devient plus aristocratique. Les hommes se montrent de plus en plus semblables dans l’une et de plus en plus différents dans l’autre, et l’inégalité augmente dans la petite société en proportion qu’elle décroît dans la grande. C’est ainsi que, lorsqu’on remonte à la source, il semble qu’on voie l’aristocratie sortir par un effort naturel du sein même de la démocratie »… « Toutefois, c’est de ce côté que les amis de la démocratie doivent sans cesse tourner avec inquiétude leurs regards; car, si jamais l’inégalité permanente des conditions et l’aristocratie pénètrent de nouveau dans le monde, on peut prédire qu’elles y entreront par cette porte ». (Alexis de Tocqueville)
« Tous les hommes qui vivent dans les temps démocratiques contractent plus ou moins les habitudes intellectuelles des classes industrielles et commerçantes; leur esprit prend un tour sérieux, calculateur et positif; il se détourne volontiers de l’idéal pour se diriger vers quelque but visible et prochain qui se présente comme le naturel et nécessaire objet des désirs »… « Il n’y a rien de moins rêveur que les citoyens d’une démocratie ». (Alexis de Tocqueville)
« Car on peut changer les institutions humaines, mais non l’homme : quel que soit l’effort général d’une société pour rendre les citoyens égaux et semblables, l’orgueil particulier des individus cherchera toujours à échapper au niveau, et voudra former quelque part une inégalité dont il profite ». (Alexis de Tocqueville)
« Chez eux (les peuples démocratiques), la faveur publique semble aussi nécessaire que l’air que l’on respire, et c’est, pour ainsi dire, ne pas vivre que d’être en désaccord avec la masse. Celle-ci n’a pas besoin d’employer les lois pour plier ceux qui ne pensent pas comme elle. Il lui suffit de les désapprouver. Le sentiment de leur isolement et de leur impuissance les accable aussitôt et les désespère. Toutes les fois que les conditions sont égales, l’opinion générale pèse d’un poids immense sur l’esprit de chaque individu; elle l’enveloppe, le dirige et l’opprime : cela tient à la constitution même de la société bien plus qu’à ses lois politiques ».(Alexis de Tocqueville)
Passé-Présent-Futur :
« S’il est vrai que notre vie présente dépend de notre passé, notre avenir, à son tour, est déterminé parce ce que nous faisons maintenant; ceci en vertu du même lien de causalité ». (Gandhi)
Personne ne fait rien alors pourquoi le devrais-je? :
« Il suffit d’avoir le chiffre 1 pour y ajouter un zéro puis un autre et obtenir chaque fois un nombre dix fois plus élevé. Au contraire, on n’aboutit à rien du tout en commençant la série des chiffres par zéro, ce qui se produit quand personne ne fait le premier pas ». (Gandhi)
Respect de l'autorité et des institutions légitimes :
« Puisque aucun homme n’a une autorité naturelle sur son semblable, et puisque la force ne produit aucun droit, restent donc les conventions pour base de toute autorité légitime parmi les hommes ». « Convenons donc que force ne fait pas droit, et qu’on n’est obligé d’obéir qu’aux puissances légitimes ». (Jean-Jacques Rousseau)
Se conformer aux lois justes et ne pas se conformer aux lois injustes :
« Le citoyen doit-il jamais le moindrement, ne serait-ce que pour un instant, remettre sa conscience aux mains du législateur? Pourquoi donc chaque homme serait-il doté d’une conscience? Je pense que nous devrions avant tout être hommes et seulement ensuite sujets. Il n’est pas souhaitable de développer pour la loi un respect qui soit aussi fort que celui que l’on voue au bien. La seule obligation qui m’incombe, à juste titre, consiste à agir en tout moment en conformité avec l’idée que je me fais du bien. On dit tout à fait avec raison qu’un groupe d’hommes ne jouit pas d’une conscience propre, mais qu’un groupe d’hommes pourvus d’une conscience devient alors un ensemble lui-même doué de conscience. Jamais la loi n’a rendu les hommes plus justes d’une seule once, mais, en raison du respect qu’ils lui portent, il arrive chaque jour que mêmes des gens dotés des meilleures dispositions se fassent les agents de l’injustice ». (Henry D. Thoreau)
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire