OGM : Organisation anti-OGM, Gouvernement, Multinationales
(texte publié dans la Revue DIRE de l'Université de Montréal, vol.12, no.1, février 2003, p.40-42)
Éric Folot, Département de Bioéthique
Les OGM et la transgénèse, technologie qui est source de leur existence, présentent des enjeux éthiques importants et soulèvent une panoplie de questions dont deux me semblent particulièrement importantes à souligner : sommes-nous en sécurité? Les OGM ont-ils le potentiel de réduire la famine dans le monde? Plusieurs questions que l’on tentera de répondre dans ce court essai.
Qu’est-ce qu’un OGM ?
Un OGM ou organisme génétiquement modifié est un organisme vivant (animal, plante, bactérie, virus, champignon, moisissure, levure…) dont on a modifié le génome, c’est-à-dire le code génétique. Mais qu’est-ce que le génome ou code génétique? Le code génétique est comme un livre de recettes ou un protocole de laboratoire. Pour faire un plat, on se base sur un livre de recettes. Pour réaliser une expérimentation en laboratoire, on a recours à un protocole. Ainsi, pour fabriquer toute composante essentielle à son fonctionnement, un organisme vivant a besoin d’un code génétique dans lequel il puise l’information indispensable.
Modifier un organisme… pour quelles raisons ?
Mais pourquoi voudrait-on modifier le code génétique contenant l’information sur la fabrication de composantes essentielles au fonctionnement d’un organisme vivant ? Il existe plusieurs raisons. Les raisons sont, en majorité, justifiées par trois types d’intérêts : intérêts agronomiques, alimentaires ou économiques. Comme intérêts agronomiques, mentionnons par exemple : la protection d’une plante d’intérêt commerciale contre un insecte ravageur et rendre une plante résistante à un herbicide. Comme intérêt alimentaire, mentionnons par exemple : l’augmentation de la valeur nutritive d’un aliment et la réduction de la famine dans le monde. Comme intérêts économiques, citons: la profitabilité des multinationales productrices d’OGM et la prospérité économique d’un pays.
Des effets néfastes sur l’environnement et la santé humaine :
Au-delà de ces bénéfices notables, des effets pernicieux sont engendrés par la commercialisation des OGM. Mentionnons, l’augmentation de la résistance des insectes aux insecticides, l’augmentation de la résistance des bactéries aux antibiotiques, l’augmentation des allergies chez l’humain…etc.
Inquiétudes face aux OGM :
Les OGM sont sources d’inquiétudes, car face à leurs effets nous restons perplexes; nous nous sommes aventurés en territoire inconnu et notre peur est conséquemment tout à fait légitime. Des effets à la fois positifs et négatifs sur l’environnement et la santé humaine résultent de leur commercialisation. Cette dernière repose sur des intérêts économiques importants et certains individus, perçus comme dissidents par les promoteurs, craignent que les intérêts économiques soient la force motrice au nom de laquelle les principes moraux sont asservis. Comme les impacts de leur commercialisation concernent tous les citoyens, cet enjeu éthique a tôt fait de prendre une ampleur politique. Deux protagonistes s’opposent : les multinationales prêchent en faveur de la commercialisation sans égard aux conséquences négatives et délétères probantes à long terme, alors que les organisations ou lobbies anti-OGM prônent le principe de précaution et accordent une primauté à la protection de l’environnement et à la santé humaine. Le gouvernement, quant à lui, sert de médiateur et tente de concilier les intérêts des multinationales qui souscrivent au principe de profitabilité et sont soumises à la logique de rentabilité, et les intérêts de la population qui désirent avant tout d’être protéger.
Sommes-nous en sécurité?
La commercialisation des Organismes génétiquement modifiés est-elle Gouvernée par des intérêts Mercantiles ou respecte-elle une réglementation sèvère? Au Canada, quatre institutions gouvernementales sont investies du mandat de protéger l’environnement, la santé humaine et le bien-être des citoyens contre les possibles effets pervers de la commercialisation des OGM : Agriculture Canada, Environnement Canada, l’Agence canadienne d’inspection des aliments et Santé Canada. Ces institutions ont à la fois le mandat de promouvoir la commercialisation des OGM, ce qui est favorable à la prospérité économique du pays, et celui de protéger l’environnement et la santé humaine. Quoi de plus contradictoire ou antinomique? De plus, Santé Canada, dont le rôle est prépondérant, admet ne pas avoir l’argent ni le personnel compétent pour analyser correctement les OGM, alors que les demandes d’homologation d’OGM augmentent sans cesse. De même, en 1997, selon la coalition canadienne de la santé, 24.8 des 26.2 millions de dollars consacrés à la sécurité des médicaments à la DGPS provenaient des revenus de l’industrie du médicament. Ceci ne prouve rien, mais démontre que l’on a de bonnes raisons de remettre en doute la capacité de Santé Canada de protéger les citoyens, alors que de fortes pressions économiques de la part des compagnies privées réduisent sa liberté et son champ d’action. Pour certains qui accusent le gouvernement de veiller aux intérêts des grandes entreprises avant ceux des consommateurs, cela équivaut à confier au renard la garde du poulailler. Comme le dit Henry Thoreau : « L’homme riche, sans prétendre à une comparaison qui serait dictée par l’envie, est toujours vendu à l’institution qui l’enrichit. Pour dire le vrai, argent et vertu ne font pas bon ménage. De fait, l’argent s’interpose toujours entre un homme et ses desseins, les réalisant pour lui » .
La commercialisation des OGM peut-elle réduire la famine dans le monde?
Au dire des multinationales productrices d’OGM, la culture de plantes transgéniques dans les pays en voie de développement permettrait de réduire la famine dans ces pays en accroissant la productivité. D’un côté, les multinationales soutiennent détenir la clé permettant aux pays pauvres de s’affranchir de la famine qui ronge leurs entrailles. D’un autre côté, les organisations anti-OGM (Greenpeace et autres) les accusent d’hypocrisie. À leurs yeux, la famine est davantage un problème de distribution équitable que de production. À la question, combien la Terre peut-elle nourrir d’hommes? Les experts de l’ONU les plus pessimistes répondent que la Terre peut nourrir15 milliards de personnes alors que les plus optimistes répondent qu’elle peut en nourrir 35 milliards. « Évidemment, pour arriver à nourrir 35 milliards d’hommes, il faudrait des changements dans les façons culturales, mais les 15 milliards c’est en admettant les techniques actuelles. Par conséquent, comme on n’arrivera pas à 10 milliards, il n’y a pas de problème » . Le problème de la faim, il existe, mais c’est un problème politique, ce n’est pas du tout un problème de disponibilité de nourriture, et penser autrement est un raccourci de l’esprit. Il est absurde de croire qu’en augmentant la quantité de nourriture produite nous arriverons à réduire la famine. Cet argument est fallacieux et détracteur, car il nous détourne de la vérité en la déguisant. On peut très bien panser une plaie et affirmer qu’elle n’y est plus, mais ce faisant on voile la réalité. On ne peut se contenter de demi-mesure, il faut attaquer le problème à la source si on veut l’éradiquer ou l’annihiler. « Le vrai problème ce n’est pas combien la Terre peut nourrir d’hommes, mais combien elle peut en supporter quand ils ont des exigences autres que la nourriture; ce qui est notre cas les Occidentaux. Avec nos exigences en pétrole, en énergie, en poubelle pour mettre nos déchets, la réponse ce n’est plus 15 milliards ou 35 milliards : c’est moins de 1 milliard » . Or, nous sommes déjà 6 milliards et on sera éventuellement 9 milliards. Le problème est : comment préparer une Terre qui supportera 9 milliards d’hommes? La réponse est simple, il faut modifier nos comportements, c’est-à-dire être moins exigeants vis-à-vis la Terre, et dessiler les yeux des citoyens de toutes les nations sur la misère et la famine dans le monde et les sensibiliser sur les valeurs morales qui sous-tendent des enjeux éthiques tels que la répartition équitable de la richesse et de la nourriture dans le monde.
Conclusion :
En somme, la commercialisation des OGM est un sujet chaud dont les enjeux sont multiples. D’une part, elle procure des bénéfices notables sur la santé humaine, l’environnement et l’économie. D’autre part, certaines de ses conséquences sont négatives. La crainte partagée par plusieurs militants anti-OGM que certains effets négatifs ne se fassent ressentir que dans plusieurs années, voire plusieurs décennies, pose un problème sérieux et soulève moult inquiétudes. Le risque n’est pas tant à court qu’à long terme. Ainsi, est-il judicieux de prendre le risque d’hypothéquer notre santé et notre environnement de même que la santé et l’environnment des générations futures pour des bénéfices patents à court terme, mais incertains à long terme? Personnellement, je crois que l’on devrait adopter le principe de précaution inscrit dans le droit international : dans le doute mieux vaut s’abstenir. Je termine sur une note moralisatrice : comme nous sommes dans une démocratie dite représentative, la voix de chacun importe et il est de votre devoir, comme citoyens, de vous forger une opinion et de prendre part aux débats et délibérations sociales qui vous concernent tous en témoignant votre contentement ou mécontentement et en affichant vos couleurs. Or, pour que votre opinion soit éclairée, ceci exige que vous soyez tous informé au sujet des impacts positifs et négatifs de la commercialisation des OGM. Ainsi, la finalité de cet essai était, d’une part, de vous exposer succintement quelques impacts probants et potentiels des OGM sur la santé humaine et l’environnement. D’autre part, de susciter chez vous un doute quant à la capacité des institutions gouvernementales à assurer votre sécurité, votre protection. Finalement, de vous faire réaliser combien il est facile de manipuler et de travestir un argument (famine dans le monde) au nom de quelconques intérêts. Il est, par conséquent, impératif d’être vigilant et critique vis-à-vis les arguments avancés ou soutenus par les divers protagonistes. Commencez donc à exercer votre regard critique sur mon texte!!
Bibliographie :
1. Bernard Jean. De la biologie à l’éthique. Buchet-Chastel.1990.
2. Courvalin Patrice. Plantes transgéniques et antibiotiques. La Recherche. No.309. Mai 1998.
3. Gilbert Charles. Bouvet Éric. Agriculture, le fiasco des OGM. L’Express. Novembre 1999.
4. Jonas Hans. Le Principe Responsabilité. Les Éditions du Cerf.1990.
5. Ratel Hervé. Organismes génétiquement modifiés, la mobilisation générale. Science et Avenir. Mai 1999.
6. Thoreau Henry D. Désobéir. Éditions de l’Herne. 1994. p.63.
7. Vandelac Louise, Parent Karl. Main basse sur les gènes. L'Office national du film du Canada.1999.
8. Entretien avec Albert Jacquard. Radio-Canada. Par 4 Chemins. Octobre 2000. http://radio-canada.ca/par4/Mag/20001015/vb/jacquard_ent_1.html
Les organismes génétiquement modifiés (OGM)
Plan
1. Introduction
2. Historique
3. Définition d’un aliment transgénique
4. Techniques de production des aliments transgéniques (film) :
- Transgénèse standard
- Alternative à la transgénèse standard (canon à gènes)
5. Arguments « pour » les aliments transgéniques :
- Marché important (dimension économique) : Dupont, Monsanto, Novartis, Astra-Zeneca et Aventis
- Diminution de la cholestérolémie
- Augmentation de la valeur nutritive des aliments
- Protection des aliments contre certains insectes ravageurs et ainsi diminution de pesticides
- Réduire la famine dans le monde
6. Arguments « contre » les aliments transgéniques :
- Insertion aléatoire du gène, introduit par transgénèse, dans le génome d’un organisme
- Impact inconnu du gène nouvellement introduit sur les protéines déjà présentes dans l’organisme
- Promoteur utilisé est plus instable que le promoteur naturel
- ADN nu du promoteur VMCF : danger réel ou pas?
- Augmentation de la résistance des insectes aux insecticides
- Accumulation de l’insecticide naturel BT dans la chaîne alimentaire (papillon monarque) et risque de pollution génétique (donc diminution de la diversité génétique) (gène BT du Colza transmis à la moutarde commune)
- Augmentation du taux d’infection bactérienne (résistance aux antibiotiques)
- Augmentation des allergies chez l’humain
- Développement de maladies chez l’humain
- Expérience de Arpad Pusztai
- Résistance des bactéries, de la flore bactérienne du colon, à certaines familles d’antibiotiques
7. Réglementation à propos de l’introduction d’un OGM sur le marché :
- Aux USA et Canada : application du principe d’équivalence substantielle comme principe directeur plutôt que comme limite ou seuil de décision (pays qui promouvaient les OGM)
- En Europe : un petit mot : L’Union Européenne essaye de faire appliquer le principe de précaution! ; les groupes extrémistes anti-OGM demandent le « risque zéro »!! (pays qui s’opposent aux OGM)
Institutions gouvernementales :
USA :
FDA (« Food and drug administration ») et le « US department of agriculture »
- Processus d’homologation
Canada :
Environnement Canada, Agriculture Canada, l’Agence d’inspection des aliments et Santé Canada dont le rôle est prépondérant
- Processus d’homologation
- Témoignage du film à propos de Santé Canada : Michèle et Louise Vandelac8. Conclusion :
- But
- Résumé
- L’avenir de la Transgénèse
- Détection des OGM dans les aliments
- Retracer la source des OGM
- Mot de la fin
Résumé (vocabulaire)
ABC des OGM
Organisme génétiquement modifié (OGM) : individu, soit une plante ou un animal, dans lequel l'homme a transféré un ou plusieurs gènes étrangers (provenant d'une autre espèce, d'une bactérie ou d'un virus) pour lui attribuer une caractéristique dont la nature ne l'avait pas doté; pour le moment, on ne transfère qu'un seul gène à la fois.
Acide désoxyribonucléique (ADN) : acide porteur de l'information génétique.
Biodiversité : diversité des espèces vivantes sur la planète.
Gène BT : gène insecticide extrait d'une bactérie nommée Bacillus thuringiensis (BT) qui protège la plante (par exemple, le coton ou le maïs) de la pyrale, un papillon dont la chenille nuit aux cultures.
Génome : ensemble des chromosomes qui caractérisent chaque espèce.
Groupe de Miami : les six pays qui s'opposent à toute réglementation du commerce des OGM : États-Unis, Canada, Argentine, Australie, Chili et Uruguay.
Maïs BT : maïs de la compagnie Novartis qui contient trois gènes étrangers : le gène BT, un gène de résistance à un herbicide et un gène de résistance à un antibiotique apparenté à la pénicilline.
Marqueur : gène qui permet de vérifier la présence du gène introduit dans la plante qu'on tente de modifier; le marqueur est souvent un gène de résistance à un antibiotique, comme dans le cas du maïs BT.
Pollution génétique : dissémination des caractéristiques d'une plante génétiquement modifiée à un autre individu par le pollen, l'eau ou les insectes.
Principe de précaution : principe en vertu duquel les pays auront le droit d'interdire l'importation d'OGM s'ils ont des doutes sur l'innocuité de ces produits sur la santé humaine ou sur leurs impacts sur l'environnement, même en l'absence de preuve scientifique irréfutable.
Promoteur : substance qui ordonne au nouveau gène d'entrer en fonction.
Protéine : substance chimique fabriquée par le gène; elle est à l'origine des allergies, qui peuvent être mortelles.
Protocole sur la biosécurité : entente conclue à Montréal en janvier 2000 entre les 139 pays réunis au sommet (les discussions avaient débuté en 1996).
Sommet de la Terre : sommet tenu à Rio, au Brésil, en juin 1992, et au terme duquel 126 pays se sont entendus pour sauvegarder la biodiversité de la planète; l'entente n'a toujours pas été ratifiée par les États-Unis.
Terminator : gène qui permet de « programmer » la stérilisation d'une semence au terme de la première récolte; technologie achetée par la compagnie Monsanto, qui a choisi de ne pas l'utiliser devant la protestation des agriculteurs.
Traçabilité : possibilité de repérer la présence d'un produit, dans ce cas-ci d'un OGM, tout au long des étapes de transformation agroalimentaire, depuis le produit brut, comme le soja, jusqu'aux stades les plus poussés de la production, c'est-à-dire les additifs alimentaires comme l'amidon de maïs et la lécithine de soja, présents dans 60 % des produits vendus à l'épicerie.
Transgénèse : nom du processus par lequel on crée les OGM.
Petite chronologie
1973 : premières manipulations transgéniques : des chercheurs américains parviennent à greffer des gènes étrangers dans une bactérie.
1983 : la première plante génétiquement modifiée voit le jour.
1986 : premier essai de culture d'une plante transgénique en champ, en Belgique.
1992 : autorisation de commercialisation d'OGM aux États-Unis et en Europe.
1994 : la Food and Drug Administration des États-Unis accorde son autorisation de mise en marché à la tomate Flavr Savr, première plante transgénique, fruit de la firme américaine Calgene (qui appartient maintenant à Monsanto); cette tomate n'est cependant pas un véritable OGM, puisqu'elle n'a pas de gène étranger : les chercheurs se sont contentés d'empêcher l'expression d'un de ses gènes.
1995 : les cultures transgéniques sont autorisées au Canada.
1996 : le soya de la compagnie Monsanto, premier OGM constitué d'un gène de résistance à un herbicide, arrive en Europe.
1996 : le maïs BT de la compagnie Novartis est commercialisé.
1996 : début des pourparlers sur le protocole sur la biosécurité sous l'égide de l'Organisation des Nations unies.
Février 1999 : échec des négociations sur la biosécurité lors du sommet de Cathagène, en Colombie.
1999 : publication d'une étude du Rowett Research Institute, en Écosse, qui conclut aux effets nocifs des OGM sur des rats; l'étude provoque la panique au Royaume-Uni, puis en Europe.
Été 1999 : le Parlement européen opte pour l'étiquetage obligatoire des OGM et adopte un moratoire sur les semences d'OGM et sur toute nouvelle autorisation d'organismes génétiquement modifiés.
Octobre 1999 : la revue scientifique The Lancet publie la recherche contestée du Dr Arpad Pusztai, même si son comité de sélection juge la méthodologie peu fiable.
Janvier 2000 : adoption, à Montréal, du protocole sur la biosécurité par 139 pays.
Avril 2000 : l'étiquetage obligatoire entre en vigueur en Europe pour tous les produits composés d'OGM dans une proportion supérieure à 1 %.
Slogan de la compagnie Monsanto : « Nourriture-santé-espoir » pour vanter les qualités de ses aliments génétiquement modifiés.
Réduire la famine dans le monde : (argument souvent amené par les partisan des OGM, mais qui en réalité est un mauvais argument)
Aux dires des multinationales, la création de plantes transgéniques permettra de soulager la famine dans les pays pauvres, puisqu'elle accroîtra la productivité. Les multinationales soutiennent qu'elles détiennent la clé pour régler la famine dans le monde, une affirmation réfutée par les opposants des OGM, qui les accusent d'hypocrisie, puisque, pour l'instant, ces entreprises produisent surtout des aliments de luxe destinés aux consommateurs occidentaux. À leurs yeux (des opposants des OGM), la famine est davantage un problème de distribution équitable que de production. Propos d’Albert Jacquard (généticien des populations) :
« Le rapport de l’ONU pour répondre à la question : combien la terre peut-elle nourrir d’homme? Selon les experts cela varie de 15 milliards pour les plus pessimistes à 35 milliards pour les plus optimistes. Pour arriver à nourrir 35 milliards d’homme, il faudrait des changements dans les façons culturales, mais les 15 milliards c’est en admettant les techniques actuelles. Par conséquent, comme on arrivera pas à 10 milliards, il y a pas de problème. Le problème de la faim, il existe mais c’est un problème politique, c’est pas du tout un problème de disponibilité de nourriture; de la nourriture il y en a assez. Mais le vrai problème, ce n’est pas combien la Terre peut nourrir d’homme mais combien elle peut en supporter quand ils ont des exigences autre que la nourriture ce qui est notre cas à nous les occidentaux. Alors avec nos exigences en pétrole, en énergie, en poubelle pour mettre nos déchets et bien la réponse n’est plus 15 milliards ou 35 milliards c’est moins de 1 milliards. Or, nous sommes déjà 6 milliards et on va être 9 milliards par conséquent il faut faire face à ce problème : comment préparer une terre qui supportera 9 milliards d’hommes. Et ca ne peut pas physiquement être 9 milliards d’Albert Jacquard parce que il est trop exigeant : il coûte trop cher à la terre. Il faut changer de comportement ».
Pollution Génétique : (négatif)
Les écologistes redoutent notamment le phénomène de pollution génétique : le gène résistant aux herbicides qui appartient à la plante modifiée pourrait être transmis, par le vent, l'eau ou les insectes, à d'autres plantes, qui deviendraient à leur tour génétiquement modifiées. Dans le cas où le gène se transmettrait à un végétal utile, par exemple, d'un maïs transgénique à un maïs « normal », les écologistes craignent une uniformisation des aliments, ce qui serait une menace à la biodiversité. Ils soulèvent aussi le risque de rendre indestructibles des plantes indésirables ou encore de rendre nuisibles des plantes qui étaient au départ utiles dans leur écosystème. Le problème est illustré par des études, menées notamment au Danemark, sur le colza génétiquement modifié, dont le gène de résistance à un herbicide a été propagé à des mauvaises herbes par des abeilles sur plusieurs kilomètres. Les écologistes craignent également que les gènes résistant aux herbicides polluent l'eau et le sol.
Résistance des plantes à certains insectes : (positif et négatif)
La résistance des plantes à certains insectes constitue une autre source d'inquiétude : les uns croient que ces insectes pourraient disparaître, ce qui menacerait la biodiversité de la planète. Les autres craignent plutôt que certaines espèces d'insectes deviennent insensibles à la toxine produite par les plantes. En outre, il est possible que des insectes qui ne sont pas nuisibles ou même qui sont utiles soient eux aussi détruits. Les environnementalistes citent l'exemple de la chenille du papillon monarque, qui est morte après avoir été nourrie avec du maïs génétiquement modifié lors d'une étude en laboratoire menée à l'Université Cornell, aux États-Unis.
Risques pour la santé humaine : (négatif)
Les écologistes soulignent également les risques pour la santé humaine, puisqu'on ignore l'effet qu'auront ces végétaux « mutants » sur la chaîne alimentaire. Ils soulèvent aussi le risque d'allergie que poserait, tant pour les animaux que pour les humains, une plante qui contiendrait un gène d'un aliment allergène, comme le blé ou l'arachide. Une expérience a démontré qu'un soja dans lequel on avait introduit un gène de noix de Grenoble provoquait des réactions chez une personne allergique à ce type de noix. Le produit n'a donc pas été commercialisé. Jean-Marie Pelt : biologiste et Président de l’Institut européen d’écologie à Metz en France : « On a constaté que le soja donnait plus d’allergies qu’il y a quelques années et on a pu faire une corrélation entre la montée du soja transgénique et la montée des allergies ». L’analogie qu’il utilise pour représenter la transgénèse :« Je pense que la vie ne marche pas comme un mécano. Dans un mécano, il y a des pièces et vous faites des constructions. Vous enlevez telle pièce et vous mettez telle autre pièce à la place et vous construisez un peu ce que vous voulez. Dans le génie génétique, il y a cette mentalité : je prend un gène ici, je l’introduit là et du coup j’introduit la caractéristique que je crois utile pour la plante que je veux modifier.Or, je pense que ça ne se passe pas tout à fait comme çelà parce que le génome a un état d’équilibre qui lui est propre et qui est sans doute dû à la manière dont les bases sont disposées sur le ruban d’ADN. Or, lorsqu’on fait une transgénèse (on introduit un gène étranger), on fait une transgression et on veut déplacer un équilibre préexistant. Donc ces passages au-delà des barrières d’espèces posent des questions que l’on a beaucoup trop vite remiser au magasin des accessoires. Je trouve que les applications vont plus vite que la science fondamentale. C’est un petit peu comme si on construisait une immense cathédrale (qui est la transgénèse) sur du sable mouvant ».
Résistance des bactéries aux antibiotiques : (négatif)
D'autre part, l'introduction dans les OGM d'un gène de résistance aux antibiotiques pourrait rendre les individus insensibles à ces médicaments. C'est d'ailleurs cette crainte qui fait du maïs BT l'un des OGM les plus contestés. On y introduit un gène marqueur, qui résiste à un antibiotique de la même famille que la pénicilline, pour vérifier le succès de la transgénèse. Or, certains posent l'hypothèse d'une diffusion possible de ce gène aux animaux, puis aux humains. La situation est d'autant plus préoccupante que l'efficacité des antibiotiques a diminué au cours des dernières années.
Étiquetage : (positif)
Au Canada, aucune réglementation n'oblige les compagnies à indiquer la présence d'OGM sur les étiquettes. Mais certains organismes comme Biotech Action Montréal se chargent d'informer le public sur les marques susceptibles de contenir des produits alimentaires transgéniques
L’opinion publique n’est pas rassurée quant aux soit-disantes vertues des OGM :
Les scientifiques échouent à rassurer l'opinion publique. Il faut dire que l'affaire de la vache folle, au Royaume-Uni, mais également celles du poulet contaminé à la dioxyne en Belgique, du sang contaminé en France et de l'hormone de croissance bovine, ont éclaboussé leur crédibilité, puisque, là aussi, ils avaient affirmé l'absence de danger.
Les superficies mondiales d’OGM en 1998 :
28 millions d’hectares dont :
- 74% aux USA
- 15% en Argentine
- 10% au Canada ( a déjà homologué plus de 40 végétaux génétiquement modifiés)
Les 4 grandes multinationales et leur chiffre d’affaire :
Selon leur chiffre d’affaire de 1998
1) Dupont : (USA) produits chimiques et la plus grande compagnie de semence au monde et un des plus grand producteur de pesticides. (26,6 milliards)
2) Monsanto : (USA) compagnie de produits chimiques et de semences (8,6 milliards)
3) Novartis : ( Suisse) une compagnie suisse de produits pharmaceutiques issue de la fusion de Ciba-beigy et de Sandos. Donc une compagnie de produits pharmaceutiques fusionne avec une compagnie de produits chimiques qui fusionne avec une compagnie de semence ou fabriquants de pesticides. (20,1 milliards)
4) Astra Zeneca : (Royaume-Uni) (15,5 milliards)
5) Aventis : (France-Allemagne) (26,6 milliards)
Arnaud Apoteker : Dr. En biologie physique-chimique appliquée et responsable du programme biodiversité à Greenpeace France
« Les firmes qui ont investis des millions voir des milliards de dollars dans la recherche et le développement de ces nouvelles plantes transgéniques qui sont soumis à la pression des actionnaires sont très pressés de mettre ces plantes sur le marché ce qui explique cette guerre commerciale entre le continent Américain et Européen parce que les consommateurs européens n’acceptent pas d’être traité de cobaye et de consommer ces produits sans le choisir ». Certains détracteurs voient d'ailleurs dans cette industrie une structure impérialiste, dominée fortement par les États-Unis, qui viserait à contrôler l'agriculture à la grandeur de la planète. Actuellement, un petit groupe de multinationales contrôlent la quasi-totalité du marché mondial. Elles produisent la totalité des plantes transgéniques et le quart des semences transgéniques. Fait intéressant, elles contrôlent également près de 70 % du marché des pesticides.
Santé Canada :
Alors que les demandes de commercialisation augmentent, les hauts fonctionnaires de Santé Canada admettent ne pas avoir les fonds et les effectifs nécessaires pour évaluer adéquatement les OGM.
En 1997, selon la coalition canadienne de la santé, 24, 8 des 26,2 millions de dollars consacrés à la sécurité des médicaments à la DGPS (Santé Canada)provenaient des revenus de l’industrie du médicament. Quand l’industrie devient le client direct de Santé Canada, c’est la crédibilité même de la direction générale de la protection de la santé qui est profondément modifiée.
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