samedi 23 mai 2009

Végétarisme (2001)

Le Végétarisme

Voici mon opinion:

Premièrement, je ne crois pas que les êtres humains aient besoin de consommer de la viande pour survivre et être en bonne santé. Deuxièmement, je crois qu'il est mal de tuer tout être vivant sensible et capable de souffrir. Or, les animaux sont capable de souffrir. Donc je crois qu'il est mal de tuer ces animaux. À plus forte raison, s'il est mal de tuer un animal capable de souffrir , il l'est encore plus de tuer un animal capable de souffrir, inoffensif et doux. La plupart des animaux que les gens mangent sont des herbivores. Ce sont des animaux doux, inoffensifs et même bienveillants. En effet, la plupart des animaux, et surtout les herbivores, ressentent de la pitié. Par exemple, un cheval ne vous piétinera jamais si vous êtes allongé par terre. Pour ceux qui ont déjà vu le film sur Gandhi se rappeleront de ce moment du film où les britanniques montés sur leurs chevaux chargent les indiens allongés par terre; les chevaux refusent de les piétiner. Jean-Jacques Rousseau est également à propos:

« Je ne crois pas avoir aucune contradiction à craindre, en accordant à l’homme la seule vertu Naturelle, qu’ait été forcé de reconnaître le détracteur le plus outré des vertus humaines. Je parle de la Pitié, disposition convenable à des êtres aussi faibles, et sujets à autant de maux que nous le sommes; vertu d’autant plus universelle et d’autant plus utile à l’homme, qu’elle précède en lui l’usage de toute réflexion, et si Naturelle que les bêtes mêmes en donnent quelquefois des signes sensibles. Sans parler de la tendresse des mères pour leurs petits, et des périls qu’elles bravent, pour les en garantir, on observe tous les jours la répugnance qu’ont les chevaux à fouler aux pieds un corps vivant » (Jean-Jacques Rousseau, Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes, Éditions Gallimard, 1965.)

C'est ainsi que l'on s'apperçoit que les animaux sont aussi dignes et parfois plus digne que bien des êtres humains. La dignité humaine ne peut, sans que l'on puisse être accusé à juste titre de « speciesism» (aussi condamnable que le racisme et le sexisme), reposer sur notre simple appartenance à l'espèce humaine. Une personne sera digne si elle se comporte moralement. La meilleure illustration de ce terme employée dans son vrai sens se trouve dans le livre « Les misérables » de Victor Hugo où Jean Valjean dit à l'évêque Monseigneur Bienvenue, qui accepte de l'accueillir chaleureusement malgré son passé de forçat, « vous êtes de dignes gens » (Tome I p.119). « Dignes gens » non pas dans le sens d'être vivant appartenant à l'espèce humaine, mais dans le sens d'être humain profondément moral. Ca me rappelle le film Robin des Bois où Robin des Bois affirme: « La noblesse ne s'acquière pas par la naissance. On la mérite par ses actes ».

Combien d'humains en piétinent d'autres pour aucune bonne raison et alors même que ces derniers sont dans un état misérable ou incapable de se défendre. Pensons aux handicapés, aux mendiants, aux indigeants dont plusieurs se moquent et pour lesquels ils n'ont aucune considération. Nous sommes bien loin d'être des modèles de vertus. Ces animaux soi-disant primitif que nous consommons ne nous veulent et ne nous font aucun mal. Dans le mesure où notre survie n'en dépend pas, pourquoi persister à les tuer pour les seuls plaisirs de notre palais? Plusieurs croient que notre espèce est supérieure au sens de plus civilisée. Ils croient également que les caractéristiques qui en font une espèce supérieure justifient que nous bénéficions de privilèges et de droits destinés à garantir notre survie et notre sécurité. Parmi ces caractéristiques se trouvent la raison. Si la raison est certes un outil nous permettant de devenir de meilleures personnes, il est loin d'être infaillible. Voici ce qu'affirme Jean-Jacques Rousseau:

« Il est donc bien certain que la pitié est un sentiment naturel… C’est elle, qui nous porte sans réflexion au secours de ceux que nous voyons souffrir : c’est elle qui, dans l’état de nature, tient lieu de lois, de mœurs, et de vertu, avec cet avantage que nul n’est tenté de désobéir à sa douce voix. C’est elle qui détournera tout sauvage robuste d’enlever à un faible enfant, ou à un vieillard infirme, sa subsistance acquise avec peine, si lui-même espère pouvoir trouver la sienne ailleurs. C’est elle qui, au lieu de cette maxime sublime de justice raisonnée : Fais à autrui comme tu veux qu’on te fasse, inspire à tous les hommes cette autre maxime de bonté naturelle bien moins parfaite, mais plus utile peut-être que la précédente. Fais ton bien avec le moindre mal d’autrui qu’il est possible. C’est en un mot dans ce sentiment naturel, plutôt que dans des arguments subtils, qu’il faut chercher la cause de la répugnance que tout homme éprouverait à mal faire, même indépendamment des maximes de l’éducation. Quoiqu’il puisse appartenir à Socrate, et aux esprits de sa trempe, d’acquérir de la vertu par raison, il y a longtemps que le genre-humain ne serait plus, si sa conservation n’eût dépendu que des raisonnements de ceux qui le composent » (Jean-Jacques Rousseau, Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes, Éditions Gallimard, 1965.)

Or, comme la pitié est beaucoup plus efficace que la raison dans la conduite d'une existence éthique (pour la plupart des êtres humains, exception faite de certains saints ou philosophes scrupuleux), les animaux, qui ressentent autant la pitié que nous, devraient être considérés comme des êtres vivants aussi civilisés que nous !!

Eric Folot

La Bible

Ce que pensait Esaïe :

« Le loup et l'agneau paîtront ensemble, le lion et le boeuf mangeront la même paille ; le serpent ne mangera que la poussière ; et on ne commettra plus d'homicide ni de violence en toute ma sainte montagne » (Esaïe 65:25).

Passage cité par Blaise Pascal : Blaise Pascal, Pensées, Paris, Librairie générale française, 1962 à la p.274.

Ce que pensait Salomon :

« Car le sort des humains, c’est le sort des bêtes, c’est un sort identique, telle la mort de celles-ci, telle la mort de ceux-là; ils ont tous un souffle (un esprit) identique; il n’y a pas de supériorité des humains sur les bêtes, car tout est vanité? (Salomon : Ecclésiaste 3.19) »

Philosophes

Ce que pensait Plutarque (cité par Jean-Jacques Rousseau) :


« Une des preuves que le goût de la viande n’est pas naturel à l’homme, est l’indifférence que les enfants ont pour ce met-là, et la préférence qu’ils donnent tous à des nourritures végétales, telles que le laitage, la pâtisserie, les fruits, etc. Il importe surtout de ne pas dénaturer ce goût primitif, et de ne point rendre les enfants carnassiers; si ce n’est pour leur santé, c’est pour leur caractère; car, de quelque manière qu’on explique l’expérience, il est certain que les grands mangeurs de viande sont en général cruels et féroces plus que les autres hommes; cette observation est de tous lieux et de tous les temps ».

« Enfin, quand la terre dépouillée et nue ne nous offrait plus rien, forcés d’outrager la nature pour nous conserver, nous mangeâmes les compagnons de notre misère plutôt que de périr avec eux. Mais vous, hommes cruels, qui vous force à verser du sang? Voyez quelle affluence de biens vous environne! Combien de fruits vous produit la terre! Que de richesses vous donnent les champs et les vignes! Que d’animaux vous offre leur lait pour vous nourrir et leur toison pour vous habiller! Que leur demandez-vous de plus? Et quelle rage vous porte à commettre tant de meurtres, rassasiés de biens et regorgeant de vivres? »…

« Les panthères et les lions, que vous appelez bêtes féroces, suivent leur instinct par force, et tuent les autres animaux pour vivre. Mais vous, cent fois plus féroces qu’elles, vous combattez l’instinct sans nécessité, pour vous livrer à vos cruels délices. Les animaux que vous mangez ne sont pas ceux qui mangent les autres : vous ne les mangez pas, ces animaux carnassiers, vous les imitez; vous n’avez faim que des bêtes innocentes et douces qui ne font de mal à personne, qui s’attachent à vous, qui vous servent, et que vous dévorez pour prix de leurs services. O meurtrier contre nature! Si tu t’obstines à soutenir qu’elle t’a fait pour dévorer tes semblables, des êtres de chair et d’os, sensibles et vivant comme toi, étouffe donc l’horreur qu’elle t’inspire pour ces affreux repas; tue les animaux toi-même, je dis de tes propres mains, sans ferrements, sans coutelas; déchire-les avec tes ongles, comme font les lions et les ours; mords ce bœuf et le mets en pièces; enfonce tes griffes dans sa peau; mange cet agneau tout vif, dévore ses chairs toutes chaudes, bois son âme avec son sang. Tu frémis! Tu n’oses sentir palpiter sous ta dent une chair vivante! Homme pitoyable! Tu commences par tuer l’animal, et puis tu le manges, comme pour le faire mourir deux fois. Ce n’est pas assez : la chair morte te répugne encore, tes entrailles ne peuvent la supporter; il la faut transformer par le feu, la bouillir, la rôtir, l’assaisonner de drogues qui la déguisent : il te faut des charcutiers, des cuisiniers, des rôtisseurs, des gens pour t’ôter l’horreur du meurtre et t’habiller des corps morts, afin que le sens du goût, trompé par ces déguisements, ne rejette point ce qui lui est étrange, et savoure avec plaisir des cadavres dont l’œil même eût eu peine à souffrir l’aspect » (Jean-Jacques Rousseau, Émile ou de l’éducation, Garnier-Flammarion, Paris, 1966.)

Ce que pense Peter Singer :

« C’est pourquoi notre intérêt pour autrui ne peut avoir d’autre limite défendable que celle de la « sensibilité » pour utiliser un terme pratique qui, sans être tout à fait adéquat, exprime à lui seul la capacité de souffrir et de ressentir le plaisir ou la joie. Choisir des critères, tels que l’intelligence et la raison, pour rendre cette limite manifeste serait arbitraire. Pourquoi sinon ne pas choisir d’autres critères comme la couleur de la peau? ». « De la même façon, ceux que j’appellerai les « spécistes » accordent une plus grande importance aux intérêts des membres de leur propre espèce lorsqu’ils entrent en contradiction avec ceux d’autres espèces. Les spécistes n’acceptent pas que la douleur soit aussi grave lorsqu’elle est ressentie par des cochons ou des souris que par des êtres humains » … « Accorder notre préférence à la vie d’un être simplement parce qu’il est membre de notre espèce nous mettrait dans la même position que les racistes qui accordent leur préférence aux membres de leur propre race ». « Pour servir de la viande à un prix abordable, notre société tolère des méthodes de production qui confinent les animaux dans des espaces exigus et intolérables toute leur vie. Les animaux sont traités comme des machines qui transforment le fourrage en viande, et toute innovation susceptible de produire un taux de conversion plus élevé a des chances d’être adoptée. Comme l’a déclaré une autorité en la matière, « on ne reconnaît la cruauté que lorsque le profit cesse » ». « À part prendre leur vie, d’autres choses sont faites aux animaux pour qu’ils arrivent à bon marché sur notre table. La castration, la séparation de la mère et de son petit, le démantèlement des troupeaux, le marquage au fer rouge, le transport et finalement l’abattage, tout cela provoque de la souffrance et ne tient pas compte de l’intérêt des animaux ».« On trouve encore une autre façon de contester la thèse selon laquelle la conscience de soi, l’autonomie, ou quelque autre caractéristique similaire permettrait de distinguer les animaux humains des animaux non humains : il suffit de rappeler que certains humains handicapés mentaux ont moins de titres à être considérés comme conscients d’eux-mêmes et autonomes que de nombreux animaux non humains. Ainsi ces critères, qui en théorie creusent un abîme entre les humains et les autres animaux, peuvent-ils se retourner contre les humains les moins aptes en les situant de l’autre côté de l’abîme; et, si l’on considère que cet abîme indique une différence de statut moral, alors ces humains auront un statut moral d’animal plutôt que d’homme » (Peter Singer, Questions d’éthique pratique, Bayard Éditions, Paris, 1993.)

Divers

Regarder ce vidéo : http://www.globalwinnipeg.com/Revealed+Country+Animals/3336734/story.html

Voir aussi : http://www.themarknews.com/articles/1957-canada-no-country-for-animals

Voir aussi : http://www.iforum.umontreal.ca/Forum/ArchivesForum/2002-2003/021118/article1722.htm

Consommer de la viande rouge augmente le risque de cancer. « Already linked with an increased risk of cardiovascular disease and certain cancers, including cancer of the pancreas, red meat was found by a team of US researchers to be a possible cause of bladder cancer, a study published in the journal Cancer said ». Voir : http://www.montrealgazette.com/health/Cold+cuts+could+cause+cancer+Study/3353532/story.html

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