Droit
« Sans doute il est une justice universelle émanée de la raison seule; mais cette justice pour être admise entre nous doit être réciproque. À considérer humainement les choses, faute de sanctions naturelles les lois de la justice sont vaines parmi les hommes; elles ne font que le bien du méchant et le mal du juste, quand celui-ci les observe avec tout le monde sans que personne les observe avec lui. Il faut donc des conventions et des lois pour unir les droits aux devoirs et ramener la justice à son objet » (Jean-Jacques Rousseau, Du contrat social, Éditions Flammarion, Paris, 1992).
« Le citoyen doit-il jamais le moindrement, ne serait-ce que pour un instant, remettre sa conscience aux mains du législateur? Pourquoi donc chaque homme serait-il doté d’une conscience? Je pense que nous devrions avant tout être hommes et seulement ensuite sujets. Il n’est pas souhaitable de développer pour la loi un respect qui soit aussi fort que celui que l’on voue au bien. La seule obligation qui m’incombe, à juste titre, consiste à agir en tout moment en conformité avec l’idée que je me fais du bien. On dit tout à fait avec raison qu’un groupe d’hommes ne jouit pas d’une conscience propre, mais qu’un groupe d’hommes pourvus d’une conscience devient alors un ensemble lui-même doué de conscience. Jamais la loi n’a rendu les hommes plus justes d’une seule once, mais, en raison du respect qu’ils lui portent, il arrive chaque jour que mêmes des gens dotés des meilleures dispositions se fassent les agents de l’injustice ». (Henry D. Thoreau, Désobéir, Éditions de l’herne, Paris, 1994)
« Autrefois les gens de bien menaient devant les tribunaux les hommes injustes : aujourd’hui ce sont les hommes injustes qui y traduisent les gens de bien » (Montesquieu, Œuvres complètes, Paris, Éditions du Seuil, 1964.)
« Il faut que la justice soit universelle. Un juge ne doit pas être comme l’ancien Caton, qui fut le plus juste sur son tribunal, et non dans sa famille. La justice doit être en nous une conduite générale. Soyons justes dans tous les lieux, justes à tous égards, envers toutes personnes, en toutes occasions » (Montesquieu, Œuvres complètes, Paris, Éditions du Seuil, 1964.)
Citations de d'autres auteurs:
« Dire que c’est mal, ce n’est pas dire seulement que c’est contraire aux règles. Il peut y avoir de mauvaises règles qui interdisent ce qui n’est pas mal – une loi interdisant de critiquer le gouvernement par exemple. Une règle peut être mauvaise, aussi, parce qu’elle exige quelque chose qui est mauvais – une loi exigeant la ségrégation raciale dans les hôtels et les restaurants par exemple. Les idées de bien et de mal sont différentes des idées de ce qui est conforme ou contraire aux règles. Autrement, on ne pourrait pas s’en servir pour évaluer les règles, aussi bien que les actions » (Thomas Nagel. Qu’est-ce que tout cela veut dire? Éditions de l’Éclat.1993.)
« On ne doit pas attendre de la loi qu’elle renforce toujours la moralité » (Singer Peter, Questions d’éthique pratique, Bayard Éditions)
« Nécessité ne connaît pas de loi » (Karl Jaspers « La bombe atomique et l’avenir de l’homme »)
Le classique aphorisme de Lacordaire selon lequel : « entre le faible et le fort, entre le pauvre et le riche, c’est la liberté qui opprime et c’est la loi qui affranchit » (Jean Bernard, De la biologie à l’éthique, Paris, Buchet-Chastel, 1990)
« Les lois sont toujours utiles à ceux qui possèdent et nuisibles à ceux qui n’ont rien » (Jean-Jacques Rousseau, Du contrat social, Paris, Éditions Flammarion, 1992)
« L’esprit universel des lois de tous les pays est de favoriser toujours le fort contre le faible, et celui qui a contre celui qui n’a rien : cet inconvénient est inévitable et il est sans exception » ( Jean-Jacques Rousseau, Émile ou de l’éducation, Garnier-Flammarion, Paris)
« Le gouvernement civil, en tant qu’il a pour objet la sûreté des propriétés, est, dans la réalité, institué pour défendre les riches contre les pauvres, ou bien, ceux qui ont quelque propriété contre ceux qui n’en ont point » (Adam Smith, La richesse des nations, Tome II, Flammarion, Paris, 1991.)
Arrêts de la Cour Suprême du Canada:
« Lorsque les tribunaux interprètent et appliquent la Charte, ils doivent veiller à ce qu’elle ne devienne pas simplement l’instrument dont se serviront les plus favorisés pour écarter des lois dont l’objet est d’améliorer le sort des moins favorisés » ( 2 arrêts de la Cour suprême : R. c. Edwards Books and Art Ltd [1986] 2 R.C.S. 713 au para.136 et Chaoulli c. Québec (Procureur général) [2005] 1 R.C.S.791 au para.274.
« Succès, approbation, et conformisme sont les maîtres-mots du monde moderne, où chacun semble implorer la sécurité anesthésiante de l’identification à la majorité » …« En dépit de cette tendance prédominante au conformisme, nous, chrétiens, avons pour mission d’être non conformistes. L’apôtre Paul, qui connaissait les réalités intérieures de la foi chrétienne, a donné ce conseil : « Ne vous conformez pas à ce monde, mais transformez-vous par le renouvellement de votre esprit ». Nous sommes appelés à être des hommes de conviction, non de conformisme; de noblesse morale, non de respectabilité sociale. Nous avons reçu ordre de vivre différemment et selon une fidélité plus haute ». (Martin Luther King, La force d’aimer, Édition Casterman, Paris, 1966)
« La vraie moralité consiste, non à suivre les sentiers battus, mais à trouver soi-même le vrai chemin qui vous convient et à le suivre de manière intrépide » (Gandhi).
« Cependant le principe du bonheur personnel est le plus condamnable, non pas seulement parce qu’il est faux et que l’expérience contredit la supposition que le bien-être se règle toujours sur le bien-faire; non pas même seulement parce qu’il ne contribue pas le moins du monde à fonder la moralité, car c’est tout autre chose de rendre un homme heureux que de le rendre bon, de le rendre prudent et perspicace pour son intérêt que de le rendre vertueux; mais parce qu’il suppose sous la moralité des mobiles qui plutôt la minent et en ruinent toute la grandeur; ils comprennent en effet dans une même classe les motifs qui poussent à la vertu et ceux qui poussent au vice; ils enseignent seulement à mieux calculer; mais ils effacent absolument la différence spécifique qu’il y a entre les deux ». (Emmanuel Kant, Fondements de la métaphysique des mœurs, Classique de poche, 1993)
« Un intérêt est un intérêt quelle que soit la personne dont il est l’intérêt » (Principe éthique de l'égale considération des intérêts) (Peter Singer, Questions d’éthique pratique, Bayard Éditions, Paris, 1993.)
« L’honneur des personnes de rang élevé doit être mesuré à leurs bienfaits, et aux secours qu’ils prodiguent aux personnes de rang inférieur, et pas du tout autrement. Et les violences, l’oppression et les torts qu’elles font subir ne sont pas diminués, mais aggravés par la grandeur de leur personne, parce qu’elles ont moins besoin de les commettre. La partialité envers les grands produit des conséquences qui s’apprécient ainsi : l’impunité crée l’irrespect, l’irrespect la haine, et la haine suscite l’effort pour abattre toute grandeur oppressive et méprisante, y compris en détruisant l’État » (Thomas Hobbes, Léviathan, Éditions Gallimard, 2000.)
« Ce qui perd la plupart des gens, c’est qu’ils ne soutiennent pas leur caractère; cela veut dire qu’ils n’en ont point de fixe, ce qui est le pire de tous les caractères : un homme qui aura acquis la réputation d’un homme vrai et qui devient adroit courtisan, perd la réputation d’un homme vrai et n’obtient pas celle d’adroit courtisan ». (Montesquieu, Œuvres complètes, Paris, Éditions du Seuil, 1964)
« L’esprit n’a rien à dire quand le cœur peut si bien parler ». (Montesquieu, Œuvres complètes : mes pensées, Éditions du Seuil, Paris, 1964)

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